Pour la première de ses trois dates programmées en Belgique, le chanteur a enchanté son public à Forest National.

Avoir rendez-vous avec Alain Souchon en concert, c’est comme se rendre à une soirée chez un ami de très longue date. On sait parfaitement comment la soirée va se dérouler mais on y va avec plaisir car cela ne fait aucun doute, on va s’amuser. Souchon, c’est ce pote qu’on apprécie revoir, un poète rêveur, sorte de doux dingue qui raconte avec délectation des histoires que l’on connaît pourtant par cœur.

Vendredi soir, c’est à Forest National que le chanteur a convié son public pour défendre son petit dernier, l’excellent Âme fifties, son quinzième album. Tenue décontractée comme à l’accoutumée – jeans, chemise blanche et veste légère – il va le régaler pendant près de 2 h 30. C’est qu’à 75 printemps, il tient la toute grande forme le Souchon.

Dans sa vaste discographie, il a largement puisé dans ces monuments de sensibilité que sont Jamais content, Ultra moderne solitude, Au ras des pâquerettes et surtout l’incontournable C’est déjà ça dont il interprète six titres.

Engagé

Comme toute soirée chez des amis, cela commence en douceur : “Allô maman bobo”, “La ballade de Jim” et un “Baiser” qui fait toujours son effet avec son “vent de Belgique”. On discute de tout, même de ces maux qui nous rongent et le monde aussi : “Ultra moderne solitude”, “Pardon” (sur l’environnement), “C’est déjà ça” (qui prend encore plus de sens avec les crises migratoires actuelles), “Et si en plus y’a personne” (sur les religions)… Oui, sans en avoir l’air, Souchon met des mots simples sur les grandes questions qui taraudent notre quotidien et ça touche.

Comme on est entre amis, on se la joue cool comme quand Souchon se trompe à l’entame du “Bagad de Lann-Bihoué” : “Je me suis trompé, là. On recommence”, lance-t-il à son batteur, comme si de rien n’était. Il a aussi convié ses amis : Ava Garnder au détour d’une chanson, Laurent Voulzy lorsqu’il fait interpréter “Belle-Île-en-Mer” par le public ou son fils Pierre Souchon venu l’accompagner sur “Presque”.

De retour en mai et en novembre

Enfin, il y a cet instant où la soirée entre amis part en vrille. Pas tout à fait mais un peu quand même. Avec “Poulaillers’ song”, le public cantonné sur son fauteuil part à l’assaut du devant de la scène comme on se lance sur la piste de danse quand on a bu le petit verre de trop. C’est l’instant choisi pour dégainer les incontournables: “Sous les jupes des filles”, “L’amour à la machine”, “Rame”, “Foule sentimentale”.

Vient alors l’heure de se quitter, en douceur. “Chanter, c’est lancer des balles” et “La vie ne vaut rien” clôturent le rappel avant un dernier “Baiser”, joué deux fois donc, pour se dire au revoir. Car le dandy parisien s’invitera encore chez nous le 14 mai au Wex de Marche-en-Famenne et le 20 novembre à nouveau à Forest National.