Musique Un nouvel album, Cry pour marquer les 25 ans du groupe et deux concerts déjà complets au Cirque Royal

BRUXELLES La poignée de main est chaleureuse. Le sourire est sincère. Le verbe aussi, même lorsque qu'on évoque la dernière prestation, pathétique, de son groupe en Belgique, en première partie des Stones à Werchter. C'était en 1998 et personne ne donnait alors plus cher de la peau des Simples Minds. Quatre ans plus tard, le groupe revient, gonflé à bloc, avec Cry, nouvel album qui tient bien la route, et une tournée mondiale dont les deux étapes belges sont déjà sold-out.

La dernière fois qu'on a vu les Simple Minds live
en Belgique, vous n'en meniez pas large...

`Vous avez raison. Même dans ces moments de doute, c'est en Belgique que nous avons encore reçu le meilleur accueil. Pour être honnête, nous n'étions pas contents à 100% de notre dernier CD studio Neapolis . Nous en avons enregistré un autre dans la foulée mais EMI, notre firme de disques d'alors, à refuser de la sortir. Cela n'aurait servi à rien de les convaincre à commercialiser ce disque contre leur gré. Nous avons préféré jeter l'éponge et passer à autre chose. Le truc marrant, c'est que ce disque circule sur Internet et est devenu mythique pour les fans, un peu comme le Black album de Prince.´

Avez-vous songer à tout arrêter?
`Quand j'ai créé Simple Minds, ce groupe était mon unique raison de vivre. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Cela faisait plusieurs années qu'on ne s'amusait plus avec Simple Minds. La passion s'était envolée. Mon environnement a aussi changé. J'ai quitté Glasgow pour la Sicile. J'ai appris à faire la cuisine, à parler d'autres langues... En fait, j'ai compris que je n'aspirais plus à une carrière mais tout simplement à une vie. D'un autre côté, la musique était toujours là. J'avais dit à Charlie (NdlR: Burchill, guitariste de Simple Minds et meilleur ami de Jim) : on ne va pas faire de communiqué officiel sur la séparation du groupe. Voyons juste comment les choses se déroulent. ´

Et puis l'envie est revenue.
`L'année dernière, nous avons enregistré un album de reprises. C'était très fun. J'ai ensuite montré à Charlies les nouveaux morceaux sur lesquels je bossais. Il a adoré et on s'est remis au travail. Avec cette fois la volonté d'ouvrir les portes. On ne voulait pas que Simple Minds reste en vase clos. On souhaitait avoir du sang neuf, de la fraîcheur...´

Est-ce dans cet esprit que vous allez aussi aborder votre tournée mondiale, qui marque le 25e anniversaire du groupe?
`Sur Cry, nous revenons à la simplicité des premiers albums de Simple Minds mais nous proposons aussi des choses très expérimentales. Face in the sun sonne comme du Bowie de l'époque Hunky dory (NdlR: album dont l'une des chansons, The Jean Genie a inspiré le nom du groupe). Une autre, The floating world sonne carrément techno. On aime ces contrastes. Sur scène, on jouera tout notre répertoire. J'ai hâte de reprendre des anciens titres comme I travel, The American, Up on the catwalk

Qu'est-ce qui vous a plu en Sicile?
`Une femme, le soleil, le climat, la nature, le sentiment de quiétude, les paysages volcaniques. J'aime encore retourner à Glasgow pour les amis, les pubs et les matchs du Celtic. Votre compatriote Joos Valgaren nous manque beaucoup.´

Cry (PiaS). Sortie le 2 avril. Le 6 mai et le 4 juin au Cirque Royal (complet)