Les deux rappeurs ont livré un concert commun samedi soir à Forest National. De la grosse artillerie

BRUXELLES Dans le monde du rap américain, les icônes se comptent sur les doigts d'une main. Snoop Dogg et P. Diddy, avec leurs 15 années de carrière derrière eux, font certainement partie de ce cercle restreint. Et quand ils décident de s'associer sur une tournée, le résultat est à la hauteur des tubes que chacun a enregistrés.

Samedi soir, les deux stars se sont donc mariées à l'occasion de leur concert commun à Forest National. Une façon de faire courante aux États-Unis mais inhabituelle de ce côté de l'Atlantique. Pour ne pas heurter l'ego de l'un ou de l'autre, il faut bien se répartir les tâches : l'ouverture pour Diddy, le coeur du show pour Snoop, le final ensemble.

La liaison entre les deux protagonistes va malgré tout débuter par un combat de boxe. Le band balance le Going the distance de Rocky annonçant l'apparition de l'ex-Puff Daddy. Élégant dans son costume Versace, le people nous change des pantalons amples et des chaînes en or du milieu. L'ambiance stricte, intense et pesante va très rapidement se lâcher lorsque Come to me, Tell me et Last night, les trois premiers hits de l'album Press play, sortent des enceintes. En 30 minutes, la star qui ne sait ni danser ni rapper mais qui sait produire des tubes et faire tourner son business a mis tout le monde d'accord, même lorsqu'elle se prend pour un chef d'orchestre ou se trémousse sur du Coldplay.

Snoop, qui avait rempli à lui tout seul Forest voici deux ans, ne semble pas frustré de partager cette fois-ci la tête d'affiche. Peu importe sa place dans le casting, sa carrure de canne à pêche est inversement proportionnelle à son charisme. Sur les écrans, des extraits de ses films fétiches (Scarface, le Parrain, Casino...) donnent des indices sur le premier morceau qui sera balancé. Murder was the case lance le récital de celui qui se définit comme un "gangsta" et un "pimp" (maquereau). Snoop le provocateur réclame aussi du Gin and Juice, veut Smoke some weed (fumer de l'herbe) et n'hésite pas à déclarer I wanna fuck you. Son show ne néglige pas non plus Bitch please, Beautiful, That's that shit (la dernière tuerie en date signée R. Kelly), Drop it like it's hot, des compositions devenues des imparables dans les soirées branchées.

Après deux-trois passes d'armes et une apparition de Busta Rhymes en faux duplex pour Pass the Courvoisier, les deux artistes décident de boucler ensemble le concert. "On s'en fout que l'on soit de l'East Coast, de la West Coast, de Belgique, d'Allemagne, que l'on soit juif, chrétien, musulman, on est tous réunis ici pour l'amour du hip-hop", lance P. Diddy. Pourtant, c'est bien une rivalité entre la côte est et la côte ouest qui a emporté Notorious Big et Tupac. Dix ans après leur assassinat, I'll be missing you leur est dédiée.

Le dernier message des deux acolytes au terme de ces deux heures de concert sera pour plus de paix dans le monde. Un discours que Snoop, Diddy et leur entourage méditeront avec sagesse au cours de l'after-party arrosée qui s'est déroulée dans une célèbre boîte de nuit du quartier Louise à Bruxelles.



© La Dernière Heure 2007