De mémoire de festivalier, il n’a jamais autant plu avant Rock Werchter. 

Les organisateurs avaient prévenu : les parkings qui habituellement accueillent le public étaient strictement réservés aux festivaliers qui se rendaient aussi aux campings du site. Les autres étaient priés de se rendre sur place en transports en commun ou d’utiliser les aires de stationnement prévues à cet effet à Louvain, mais aussi à Bruxelles et aux bords des autoroutes. De là, des navettes de bus allaient véhiculer tout le monde vers la plaine du festival. La situation météorologique ne s’étant pas améliorée mercredi et jeudi, les dernières zones de parking encore praticables à proximité du site ont également dû être fermées. Elles étaient dans un piteux état, mentionne le communiqué des organisateurs. On se demandait comment ceux-ci allaient faire face à une situation exceptionnelle et si nous n’allions pas connaître les mêmes affres que les festivaliers de Glastonbury. La semaine dernière, certains ont mis jusqu’à douze heures pour rejoindre les différentes scènes de ce rendez-vous musical incontournable outre-Manche. Au final, peu, voire pas, de problèmes de circulation.

4000 tonnes de sable

Force est de reconnaître que les organisateurs de Rock Werchter ont réussi un tour de force. Indication des parkings alternatifs et navettes fonctionnent à merveille. On regrette juste que les vannes du ciel se soient ouvertes alors qu’il nous fallait parcourir un kilomètre et demi entre le lieu d’arrivée des bus et l’entrée du site. Une fois devant les portiques d’entrée, détrempés, il fallait encore saluer la performance du personnel de sécurité. Pas une file à l’horizon malgré des mesures renforcées mais, somme toute, discrètes. Et alors que nous nous attendions à prendre un bain de boue après avoir accédé à la plaine, la surprise fut également heureuse. Pas moins de 4000 tonnes de sable ont été répandues sur le site afin d’éviter qu’il se transforme en un immense champ de boue et que nous vivions un remake de Woodstock version 1969.

Walk Off The Earth met l’ambiance

Sur place, c’est l’ambiance habituelle de Werchter qui était de mise. La plupart des festivaliers semble s’amuser de la pluie et des quelques coins acquis à la gadoue. Devant la scène du KlubC, la plus petite du site, ils ont fait un triomphe aux Canadiens de Walk Off The Earth. Leur musique inclassable et particulièrement déjantée a fait mouche. Ils ont sorti la panoplie complète des instruments improbables pour proposer un show - peut-on encore parler de concert? - particulièrement festif. On s’est amusé à les voir jouer un titre avec pour seuls instruments une batterie et des tubes en plastique plus ou moins flexibles. Il faut également souligner la performance qu’ils ont réalisée à la fin de leur prestation en jouant à cinq sur une seule guitare! Si vous devez un jour inviter un groupe pour jouer dans votre salon, vous savez désormais à qui vous adresser. Leur set mêlait astucieusement leurs propres compositions et les reprises qui ont fait leur réputation sur YouTube. Ceux qui connaissaient n’ont pas été déçus, ceux qui ignoraient tout d’eux ne sont manifestement pas restés insensibles vu l ‘intensité de l’ovation du public au moment où ils ont quitté la scène.