C'était il y a bientôt dix ans, le 16 août 2011 pour être précis. Stromae sortait Racine carrée, son second album, celui qui allait le hisser au rang de super star, emmené par les singles “Papaoutai” et “Formidable” pour ne citer qu’eux. Dans la foulée, il enchaînait avec le Racine carrée Tour, soit plus de 170 dates réparties entre le 9 novembre 2013 et le 17 octobre 2015, qui l’ont amené à se produire en Allemagne, à Londres, au Brésil, dans le Madison Square Garden de New York, ainsi qu’en Afrique, avec notamment des concerts à Kinshasa et Kigali. Un marathon qui débouchera sur ce que l’on sait et sa disparition des écrans radar ou presque depuis.

Stromae s’est donc fait extrêmement discret depuis 2015, même si son nom apparaît dans un certain nombre de collaborations, dont une sur le dernier album de Coldplay mais aussi avec Bigflo et Oli, Vitaa, Orelsan, etc. Il est aussi apparu sur scène avec ce dernier lors d’un concert donné à Bruxelles. Mais musicalement, il n’a plus rien sorti sous son nom si ce n’est “Défiler”, un long titre qui accompagnait la présentation de sa collection Mosaert montrée au Bon Marché, à Paris, en avril 2018.

Que ses fans se rassurent, le Bruxellois n’a pas tiré un trait sur la musique. Il l’a confirmé auprès de Libération à l’occasion d’une interview donnée en compagnie de son épouse Coralie Barbier et de son frère cadet Luc Junior Tam avec qui il fait tourner sa boutique. S’il confesse avoir tout arrêté pendant une période où il n’allait vraiment pas bien, il dit travailler tous les jours, avec et pour d’autres. Et il ajoute : “Un album arrivera à un moment donné mais je n’ai pas vraiment de date”.

Il faut rappeler que Stromae bénéficie d’un privilège rare dans le métier, celui d’être totalement indépendant et propriétaire de son catalogue. Pas question dès lors qu’une maison de disques ou que quiconque d’autre ne lui dicte un calendrier ou une façon de faire. Et même si ça avait été le cas, il ne se serait pas laissé faire indique-t-il dans les pages du quotidien français. “Même si j’avais été sous contrat d’artiste, on n’aurait pas pu m’obliger. Soit j’aurais trouvé un subterfuge, soit j’aurais sorti un album tout pourri, sans en avoir rien à foutre… Plein d’artistes font ça.”

Si ces propos ont de quoi rassurer les fans, ceux-ci vont cependant encore devoir prendre leur mal en patience, eux qui attendent déjà depuis si longtemps. En effet, près de dix ans entre deux albums, à l’heure actuelle, c’est une éternité. Peut-être encore plus dans l’industrie musicale qui depuis le mitan des années 2010 ne jure quasiment plus que par le streaming, à coups de buzz, d’écoutes et de vues sur les différentes plateformes. Malgré ce long “silence”, personne n’a oublié Stromae. On en veut pour preuve le raffut qu’a fait sa collaboration avec Coldplay l’an dernier et sa présence toujours en bonne place dans les classements des artistes préférés des Français.