« On est trop impatient, ça fait des mois qu’on attend ça! » entend-on juste avant de pénétrer dans la salle anversoise. 

Et quand le golden boy du moment atterri dans l’arène, c’est à bord de son vaisseau spatial sur une version spéciale de All I Know. En effet, sa mise en scène disco se veut futuriste, sans doute influencée par ses récentes collaborations avec le duo français des Daft Punk (sur Starboy ou I Feel It Coming). The Weeknd étant ce jeune Canadien Abel Tesfaye, 27 ans, et auteur d’un House Of Balloons dont Drake, qui le prenait jadis en première partie et qui était dans cette même salle trois jours avant, n’a cessé de plébisciter. S’il est resté pendant plus d’un an dans l’ombre, sans dévoiler son visage, cela lui a permis de faire grimper sa popularité en flèche. Et pour cause, son show de ce vendredi soir était sold out (20 000 personnes) en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Mais son show a-t-il été à la hauteur de ses tubes?

Entres science-fiction et réalité scénique

Pour son Legend of the Fall Tour, The Weeknd a orchestré une prestation en demi-teinte. Rien à redire sur sa voix. Musicalement, le Canadien est au top. Là où le bat blesse, c’est côté charisme. Si l’effet de surprise d’entrée de concert -ses écrans géants, en forme de vaisseau spatial, se déplacent au dessus de sa tête- est réussi, il s’essouffle aussi assez vite. Difficile de garder la magie durant 1h30 de concert. La faute au manque d’effets (pyrotechniques ou autres) durant une performance qui enchaine simplement les morceaux de manière homogène -malgré un électrisant mash-up entre Secrets et Can’t Feel My Face- et communiant à peine avec son public. Si ce n’est par des répétitifs « Comment allez-vous Anvers? Faites du bruit la Belgique! » ou pour tendre son micro au moment du refrain. On attend mieux d’un chanteur blockbuster.

L’amour en tête à l’insu de son plein Grey

« On reste un peu sur notre faim.. », glisse notre voisine de droite, venue avec son compagnon. Si le week-end s’annonçait idyllique pour les spectateurs (souvent venu en couple) de The Weeknd, certains ont donc quelque peu déchanté avec ce kid de Toronto qui se contentait de déambuler sur son catwalk. Certes, aucune fausse note, ni playback mais des titres envoûtants qui méritaient sans doute plus de valorisation de la part du « starboy » du moment. A commencer par un Starboy, justement, passé quasi inaperçu (car sans les Daft Punk forcément) et un Earned it (BO du film 50 nuances de Grey) qui aurait gagné en intensité avec des danseurs sulfureux… mais en vain.

Il faut dire que les attentes étaient aussi immenses que son talent. Reste un final qui fut le véritable climax de cette soirée. Du sautillant False Alarm au vénéneux The Hills en guise d’adieux, en passant par un I Feel it Coming apocalyptique. Bref, un gout de trop peu mais un artiste qui a beaucoup de goût. Le jeune homme, en couple avec Selena Gomez depuis janvier, semblait encore dans ses pensées de l’avant veille où il a revu son ex Bella Hadid défilant à la Fashion Week parisienne. The Weeknd y a en effet interprété Nothing Without You. Un choix de chanson que beaucoup d’observateurs voyaient comme une sorte de… message caché pour la top modèle. CQFD?