Thomas Fersen: "Je garde une tête de gamin"

Musique

Paque Pierre-Yves

Publié le - Mis à jour le

Thomas Fersen: "Je garde une tête de gamin"
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" Le plaisir, le désir et l’excitation, tout était réuni pour cet album ", se réjouit Thomas Fersen. L’auteur-compositeur et interprète français a senti le vent du changement car " The Ginger Accident avait une texture sonore qui pouvait se marier avec mon univers, ma voix, etc. "

Pour preuve, Thomas Fersen avais déjà écrit 2/3 de son album puis il a décidé de tout recommencer avec le groupe de Lyonnais. "J’ai senti qu’il y avait un projet. Artistiquement, ils étaient au-dessus de ce que j’avais fait, il y avait plus de promesses. Ça sortait du lot, avec un son, une dynamique et plein d’idées d’arrangements. Tout cela me donnait envie comme si j’avais vu une jolie voiture."

Une bande aux sonorités Bollywood par moments. "Ce sont des mecs qui osent tout, sans aucune peur et avec qui tout semble possible. J’aime cet esprit d’ouverture, cette énergie incroyable, sans barrière."

Une décision pas commune dans son parcours mais l’artiste a ressenti que le mariage était possible, surtout avec l’octroi d’une voix féminine. "Avec une fille, mes chansons deviennent tout de suite plus sensuelles et érotisantes, constate-t-il. Même si, parfois, avec le recul, je me demande si je n’aurais pas dû les chanter aussi tout seul. C’est assez marrant de se parler tout seul à soi-même. C’est le côté schizo des artistes." (Sourires.)

À 50 ans, Thomas Fersen évolue, donc. "Forcément ! Sinon, je serais mort. Mon corps change, ma vie aussi, donc je dois m’adapter. Du coup, mon travail change et je découvre que j’ai encore des choses à dire (sourires). L’évolution est commune, à la fois privée et professionnelle."

Et surtout, il n’a pas peur de vieillir. "Même si je sais que ça arrivera (sourires) ! Mais j’ai la chance de ce côté-là, je garde plus ou moins une tête de gamin. Je suis un adulte mais je garde certains plaisirs enfantins comme me déguiser et jouer un personnage."

Se déguiser, c’est son plaisir enfantin. "J’ai toujours aimé faire le malin avec les copains ou raconter des blagues. C’est à la fois pour exprimer des choses mais c’est aussi une façon à moi de me cacher… être peinard. Parvenir à ce rôle social, c’est pour moi aussi un moyen de me sauver de la société. Être un peu à côté. J’ai cru à une époque que je pouvais vivre seul mais non. Même si parfois j’ai besoin d’être seul, j’aime les autres, la société. Tout seul sur une île déserte je deviendrais fou !"

Au fur et à mesure des années, Thomas Fersen a effectivement promené son personnage filiforme et un peu à la marge à travers ses albums.

Résultat ? Le chanteur s’en est fait une marque de fabrique. "On finit par bien me connaître. Vous faites des choix, vous avez des partis pris, donc à un moment donné, c’est cela que vous avez envie d’être, confesse-t-il. Ce sont des choses qui se déterminent avec le temps mais j’ai le sentiment qu’il reste encore des choses à découvrir sur moi pour finir le bonhomme."

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