Tic-tac, tic-tac, tic-tac

Musique

I.M.

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Tic-tac, tic-tac, tic-tac
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À 50 ans, Madonna prouve qu'elle est toujours la Queen : son Sticky and sweet tour est époustouflant

Envoyée spéciale aux Pays-Bas Isabelle Monnart

AMSTERDAM Tic-tac, tic-tac-tic-tac. À la montre, il est 21 h 22. Les 60.000 personnes qui se sont donné rendez-vous dans l'Arena Stadium (fort heureusement couvert, vu la météo déchaînée) n'oublieront pas de si tôt l'heure qu'il était quand leur patience fut enfin récompensée. Au milieu de la scène, encadrée de deux M géants et brillants de mille feux, un cube soudain semble prendre vie. Bienvenue dans le Candy Shop de Madonna, thème récurrent d'un show généreux qui va durer presque deux heures.

Tic-tac, tic-tac... La boîte à bonbons s'ouvre sur The Queen , trônant tout naturellement sur un siège à sa mesure, entourée de valets lui cirant les bottes tandis que The beat goes on . De cet instant jusqu'à l'éblouissant et interminable Give it to me qu'elle servira en final, la Madonne ne cessera de danser. Une performance hallucinante qui cloue le bec à toutes ses jeunes rivales. Et si sa voix tarde à trouver sa puissance (sur certains morceaux, elle chante... sur sa propre bande-son), dès qu'elle salue la foule d'un "Hello Amsterdam ", on sait qu'elle est en forme et va nous le prouver.

Entourée de danseuses semblant sorties d'un club SM, elle déboule ensuite dans une Rolls blanche décapotable, chapeau vissé sur la tête, Vogue à la bouche, dans une version presque robotique : un premier gros frisson secoue l'assistance.

Le temps de changer de tenue et de tableau , on s'offre sur grand écran le clip de Die another day . Avec ring et boxeur sur la scène pour faire plus vrai.

Des idées de mise en scène comme celle-là, Madonna et son équipe en ont cinq à la minute. À peine le temps de se relever du K.O. qu'elle réapparaît, moulée dans un short rouge de petite fille, de grandes chaussettes de sport lui remontant jusqu'aux genoux. Into the groove offre l'occasion de remonter le cours des années 80. Et si sur Borderline , qui suit, sa voix l'est aussi (borderline), elle corrige le tir avec un émouvant She's not me . L'occasion de rappeler que toutes les Madonna que l'on a connues au fil du temps ne sont jamais tout à fait le reflet de la "fille qui voulait être comme toutes les autres ".

C'est sûr, pourtant, qu'elle ne l'est pas, Louise Ciccone. Elle le prouve, encore, en prenant position pour Obama dans son clip Get Stupid , offert en interlude, le temps d'un énième changement de costume (signés Gaultier, comme toujours). Ou encore en affichant ouvertement son attachement à la kabale, via une iconographie sans équivoque qui défile sur l'écran.

Paradoxalement, les plus beaux moments de ce concert débordant d'énergie seront, une fois encore, les moins énervés. Qu'elle reprenne La Isla Bonita partiellement en yiddish (Lela Pala Tute ), dans un joyeux bordel organisé de violonistes et de danseurs ou qu'elle lance You must love me (tiré de la B.O. d'Evita) et la voilà en état de grâce. Ses sourires, à la salle qui lui répond en choeur que bien sûr on l'aime, ne sonnent pas faux. Pas plus que les mercis qu'elle adresse, sincères, à ses fans qui en redemandent.

En guise d'apothéose, quatre Justin Timberlake sur grand écran viennent la rejoindre pour 4 minutes. Tic-tac, tic-tac, tic-tac. À peine le temps d'une petite prière, d'envoyer quelques Ray of light , de hurler Hang up et la voici repartie. Il est 23 h 16.

Madonna, Hard Candy, Warner



© La Dernière Heure 2008

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