"C’était la fin du monde ! À un moment donné, on a cru tous mourir…" nous raconte Miranda, une festivalière encore sous le choc de l’orage qui s’est abattu samedi soir, peu avant minuit. "C’était horrible: en un coup, des litres de flotte nous tombaient dessus. On n’a pas pu rester pour le set final car on a dû prendre les sorties d’urgence au plus vite. Tout prenait l’eau, j’avais l’impression d’avoir deux litres dans mes bottes !" poursuit-elle. De mémoire de festivalière, elle n’avait "jamais vécu autant de flotte !" Par sécurité, le plan catastrophe - avec son ballet d’ambulances, de sirènes et de pompiers - a été déclenché vers une heure du matin par les autorités communales mais a été levé deux heures plus tard.

La tempête n’ayant pas fait trop de dégâts, si ce n’est des monticules de boue, des chemins ressemblant à des rivières et une centaine de campeurs qui ont retrouvé leurs tentes inondées. "On a dû dormir à quatre dans une tente de deux. Plein de festivaliers cherchaient un endroit où dormir. C’était super- mignon comme ambiance mais les responsables auraient pu nous venir un peu plus en aide", déplore Miranda. "Le truc marrant, c’est qu’étant donné les vêtements mouillés, tous se retrouvaient presque à poil dans Dreamville (sourires)", s’amuse-t-elle. Le calme avant mais aussi pendant et après la tempête.

Le festival semblait néanmoins avoir tiré les leçons de la catastrophe du Pukkelpop 2011. Hyper-organisé, aucun mouvement de foule ni de panique ne s’est dessiné. Les spectateurs sont restés très calmes. Mieux : malgré les rideaux d’eau, une bonne moitié des festivaliers a fait la fête jusqu’au bout. La foudre, qui faisait concurrence aux feux d’artifice et lasers dans le ciel, semblait leur être tombée sur la tête.

Sur une plaine qui se transformait de plus en plus en pataugeoire géante, les clubbeurs se sont déchaînés au rythme d’Armin van Buuren (qui dédiait son set à son fils, nouveau-né). Trempés jusqu’aux os, ils sautaient tous de joie. "Même pas peur !" entend-t-on. Certains en ont même profité pour se laisser aller à une glissade sur les talus qui entourent la scène, les transformant en toboggans géants. "Ce fut la soirée la plus bizarre, pour moi", confesse Alicia. "Mais cette pluie aura eu le mérite d’offrir un nouveau moment unique à Tomorrowland. Elle fait intégralement partie du show, maintenant !" affirme-t-elle.

La goutte d’eau n’aura donc pas fait déborder le vase festif. Il faut dire que, entre les sets de Martin Solveig et Avicii, le samedi aura proposé une surprise de taille : un solo de Slash ! L’ex-guitariste de Guns N’Roses et de Velvet Revolver est venu mettre le feu (pendant une minute seulement) durant la performance du DJ néerlandais Chuckie.

Après ce rockeur de 47 ans, le dimanche s’est terminé en beauté. Au calme, au soleil et avec une première dans l’histoire du festival : une Battle d’anthologie entre David Guetta, Afrojack et Nicky Romero. Avec une pareille affiche, un tel succès populaire et des décors toujours plus stupéfiants, comment faire encore mieux l’année prochaine ?

Comme le dit si bien le slogan de Tomorrowland, Yesterday is History. Today is a Gift. Tomorrowland is Mystery. Les organisateurs garderont le mystère jusqu’au bout. Mais ils promettent une énorme surprise, dixième anniversaire oblige. Car, comme l’affirme ce festivalier : "C’est un truc de tarés. Il faut au moins le vivre une fois dans sa vie !"