Têtes d’affiche du Gent Jazz Festival avec leur album Cheek to Cheek, Tony Bennett et Lady Gaga ont chanté joue contre joue.

Têtes d’affiche du Gent Jazz Festival avec leur album Cheek to Cheek, Tony Bennett et Lady Gaga ont chanté joue contre joue "Bienvenue au légendaire jazzman, Tony Bennett" lance d’entrée de concert la voix du mythique Frank Sinatra, hier soir, au Gent Jazz Festival.

Au crooner de 88 ans d’ensuite annoncer Lady Gaga, laquelle débarque en tenue aussi décolletée que pailletée. "Quelle foule !" crie la diva avant que le duo fredonne un frissonnant Anything Goes.

Entre les titres de leur album commun ("il faut l’acheter car on a vraiment besoin d’argent !", plaisante Tony), les deux jazzmen ont fait voyager le public gantois - où quelques-uns de ses "petits monstres" vestimentairement extravagants s’étaient perdus - au cœur de l’atmosphère jazzy new-yorkaise.

Non seulement à travers les standards américains de Duke Ellington et Cole Porter (Lady is a Tramp, Nature Boy, Cheek to cheek, etc.) mais aussi et surtout Frank Sinatra - qui fêterait ses 100 ans cette année - et même de sa fille Nancy avec un Bang Bang, My Baby shot me down - et le geste qui va avec - mémorable. Offrant ainsi trois concerts en un pour un bel hommage au "plus beau genre musical du monde" comme dirait Sinatra, ou Charlie Chaplin qui avait d’ailleurs remercié Tony Bennett pour "faire survivre le genre".

Quand la Lady fait son Edith Gaga

Clou de la soirée, le moment où la chanteuse, tout de rose vêtue, vocalise - en français, s’il vous plaît ! - sur La Vie en rose d’Edith Piaf. Standing ovation pour cette performance envoûtante. Même si la Gaga a rapidement repris le dessus sur la Lady (ça aura au moins eu le mérite de réchauffer la brise dominicale), la chanteuse qui avait commencé sa carrière dans le jazz voici 15 ans révèle ainsi une voix insoupçonnée durant cette heure et demie de concerto.

Rien à voir avec le barnum promotionnel de septembre dernier sur la Grand-Place de Bruxelles. Mariage cabaresque entre la force tranquille du légendaire crooner et de l’excentricité de l’icône pop (dont le nombre de tenues affriolantes et transparentes est presque aussi important que le nombre de morceaux joués), le duo forme un charmant couple jazzy.

Et pas uniquement pour leurs origines italiennes communes. Dansant joue contre joue, main dans la main, yeux dans les yeux, ces deux-là - 60 ans les séparent ! - qui donnent l’impression de chanter d’une seule et même voix redonnent au jazz ses lettres de noblesse.

En tout cas, en transformant la Poker Face en Liza Minnelli des temps modernes, Tony Bennett est sur la bonne… voix !