La bande à Bono a livré deux concerts truffés de tubes et d'idées

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© Frédéric Sablon

ANVERS Bono qui, tel une mouche, va se scotcher sur un écran pour la fin de The Fly. Bono qui danse avec une silhouette féminine virtuelle sur Mysterious ways. Bono qui saisit l'appareil d'une photographe de presse pour la mitrailler. Bono qui prend deux gosses dans la foule et les emmène par la main sur le côté de la scène. Bono qui saisit un drapeau irlandais pendant Sunday bloody sunday. Qui parle en flamand sans accent. Souligne l'accueil formidable que U 2 a toujours reçu en Belgique. Pique des sprints sur l'estrade. Touche les mains des fans des premiers rangs. Touche les coeurs. Touche les esprits...
Certains reprocheront au leader du groupe irlandais d'en faire trop. Et ils auront sans doute raison. Encore faut-il, pour la critiquer, distinguer dans cette attitude scénique les gestes spontanés des réflexes plus calculés et répétés de soir en soir. Pour avoir vu U 2 en live à deux reprises en l'espace de trois semaines (le 12 juillet à Cologne et ce dimanche au Sportpaleis d'Anvers), on peut confirmer que Bono en fait des tonnes pour captiver chaque spectateur mais qu'il improvise aussi beaucoup. Un sourire, un message sur une banderole, un regard suffisent à réanimer sa flamme d' entertainer À l'occasion de son retour en Belgique, U 2 a fait très fort dimanche et lundi au Sportpaleis d'Anvers, pour deux concerts qui, comme tous ceux de l' Elevation tour, affichaient complet quelques heures seulement après la mise en vente des billets. Au lendemain du show de Cologne, nous avions salué la richesse musicale et visuelle de ce nouveau spectacle. À ces qualités, il convient d'ajouter la chaleur humaine et l'émotion qui ont régné tout au long de cette double escale dans la Métropole.
Entre le public belge, premier à avoir plébiscité U 2 en dehors de son Irlande natale, et les membres du groupe, il existe, il est vrai, des liens soudés par 20 ans de fidélité. Bono l'a rappelé. Bono l'a chanté. Bono l'a compris. Les versions enchaînées de I will follow et de Sunday bloody sunday, deux classiques de la première époque, ont ainsi été transcendés par 17.000 voix et 17.000 paires de bras. Tout comme la version héroïque New year's day qui a réveillé pas mal de souvenirs chez les anciens.
Pour ce nouveau périple, U 2 a décidé de jouer la carte de la sobriété et de mettre en avant ce qu'il a de plus cher: sa musique. Un choix qui se situe à mille lieues des dérives mégalo de la Pop mart tour et qui montre aussi qu'on peut offrir un show ingénieux sans pour autant tomber dans le gigantisme ou le tape-à-l'oeil.
La scène en forme de coeur au milieu duquel avaient pris place quelque 400 vernis, les quatre écrans en noir et blanc diffusant des gros plans de chacun des musiciens, des toiles de tissus qui venaient gonfler leur silhouette, mais aussi ces astucieux écrans électroniques qui montaient du sol pour cracher leurs images sur certains morceaux (enfants de la guerre sur Bullet the blue sky, couleurs fluo sur The fly ,) sont autant de bonnes idées qui viennent enrichir les chansons sans jamais les étouffer. Dans un style déjà vu mais toujours efficace, l'entrée sur scène, toutes lumières allumées, avec Elevation, Desire livrée en version feu de camp par le groupe au milieu du public ou le duel Bono/The Edge sur Until the end of the world ont aussi fait leurs effets.
U 2 a livré un set sans temps mort, bourré de surprises et de moments forts, et mêlant avec subtilité extraits du petit dernier (All that you cant't leave behind, Elevation, Beautiful day, Kite, New York, Stuck in a moment you, In a little while, Walk on) et tubes (New year's day, I will follow, Sunday bloody sunday, Desire, Bad, Where the streets have no name, Mysterious way, The fly, With or without you ou encore One). On en attendait pas moins du plus grand groupe de rock au monde...