Le groupe se produira pour la quatrième fois au stade Roi Baudouin, le 1er août.

Et de 28. Le concert que U2 donnera cet été - le 1er août - à Bruxelles sera le 28e du groupe irlandais dans notre pays. Et le quatrième sur la pelouse du stade Roi Baudouin. Une longue, très longue histoire commencée un soir d’octobre 1980, quand Bono et ses comparses se produisaient au Klacik, une petite salle d’Uccle. Un événement, donc, comme chacun de leurs concerts. Mais qui aura, pour les fans, une saveur toute particulière puisque The Joshua Tree Tour célébrera le trentième anniversaire de l’album éponyme, sorti le 9 mars 1987, et sur lequel figurent des titres tels que With or Without You, I Still Haven’t Found What I’m Looking For et Where the Streets Have No Name.

Écoulé à plus de 25 millions d’exemplaires, The Joshua Tree a propulsé U2 dans une autre galaxie, celle des superstars et des superlatifs. Des salles de concert, le groupe est passé aux stades, seuls capables d’accueillir les fans toujours plus nombreux. Et les récompenses se sont mises à pleuvoir.

Trois décennies de succès plus tard, et neuf ans après leur dernière tournée des stades - le 360° Tour, qui s’était arrêté deux soirs, sold out, au stade Roi Baudouin en septembre 2010 -, l’heure est donc venue de remonter le temps et de revisiter tout l’album sur scène, pour la toute première fois. "Récemment, j’ai réécouté The Joshua Tree pour la première fois en pratiquement 30 ans", explique Bono dans une note d’intention. "C’est tout un opéra. Un tas d’émotions qui semblent étrangement actuelles, l’amour, la perte, les rêves brisés, la recherche de l’oubli. J’ai beaucoup chanté certaines de ces chansons… mais jamais toutes. Je suis prêt, et si notre public est aussi excité que moi… ce sera une belle soirée."

Même enthousiasme chez The Edge, son inséparable complice. "Il semble que nous ayons bouclé la boucle depuis que les chansons de The Joshua Tree ont été écrites, avec le bouleversement global, la montée des politiques d’extrême droite et la remise en question de certains droits fondamentaux", dit-il. "Parce que ces chansons semblent pertinentes également de nos jours, donner ces concerts nous semblait la bonne chose à faire pour célébrer cet album. Nous avons hâte d’y être."

Les fans aussi, mais avant cela, et s’ils parviennent à acheter le précieux sésame - en prévente dès le 16 janvier à 10h -, il leur faudra mettre la main au portefeuille. Si le prix du pack VIP est évidemment très élevé - jusqu’à 465€ -, un ticket de base sera déjà proposé à partir de 41€.

Le Joshua Tree Tour, qui démarrera à Vancouver le 12 mai, sera long de 24 dates, sur les continents nord-américain et européen. La date bruxelloise est, pour l’heure, la dernière de cette tournée anniversaire.


150.000 à 200.000 euros pour louer le stade

En 20 ans, le Roi Baudouin a accueilli une vingtaine de gros concerts.

Marc Vlaeminck s’en souvient comme si c’était hier : la première artiste à avoir rempli le stade Roi Baudouin pour un concert, c’était Céline Dion, et c’était en juin 1997. "La tribune 3 était en travaux, ce qui réduisait le nombre de places, et pourtant 65.000 tickets avaient été vendus", explique le directeur de Pro Sport Event, qui organise les événements sur le plateau du Heysel.

Depuis, une vingtaine d’artistes s’y sont produits, pas toujours avec le même succès, et pas toujours dans les mêmes conditions météo.

Céline Dion a récidivé en 1999 devant un stade comble, puis ce fut le tour de Johnny, en juin 2003 et, la même année, celui de Bruce Springsteen, premier rockeur à enflammer les lieux, devant 58.000 fans.

Deux ans plus tard, le 10 juin 2005, U2 s’y posait pour la première fois, dans le cadre de son Vertigo Tour. Suivront Robbie Williams (deux soirs archi-complets en juin 2006 et une date en 2013), Genesis (seulement 40.000 personnes en 2007), Bon Jovi (2008), Mylène Farmer (qui n’était pas parvenue à le remplir, en 2009), Madonna (en 2010, stade aux trois quarts pleins) et Johnny, encore, en 2012. Plus près de nous, on eut droit aux 55.000 (jeunes) fans (en délire) de One Direction, en 2015. Et aux déhanchés de Beyoncé en 2016.

Au rayon des ratés, on signalera encore une date de Springsteen finalement rapatriée au Sportpaleis d’Anvers, faute de combattants, en 2008. Et le concert des Rolling Stones, annoncé pour le 1er juin 2006 et reporté (à Werchter, l’année suivante) après que Keith Richards fut tombé d’un arbre (pour la version officielle).

En 2007, 33.000 personnes sont également venues applaudir André Rieu, le 13 septembre. Soit trois semaines tout juste avant le match Belgique-Arménie. Résultat : une pelouse hors d’usage, qu’il a fallu changer dans l’urgence. "Mais aux frais de l’organisateur", précise encore Marc Vlaeminck. "Il est prévu dans le contrat que s’il y a des dégâts, la pelouse sera changée en tout ou parties. Le plus souvent, ce sont la scène et les décors qui causent des dommages, car ils sont posés sur des répartiteurs en alu, qui abîment le sol, au bout d’un certain temps."

Outre U2, le stade Roi Baudouin accueillera encore cet été deux concerts de Coldplay, les 21 et 22 juin. Et, peut-être, les Guns N’Roses en juillet. Soit de conséquentes rentrées d’argent pour la ville de Bruxelles, puisque ce sont entre 150 et 200.000 euros qui tombent dans son escarcelle par concert. "Ce chiffre est variable, notamment en fonction des spectateurs et de ce qu’ils consomment", ajoute Marc Vlaeminck. Entendez que les fans de Bono et ceux de One Direction n’ont ni le même budget, ni le même gosier.


"U2 a choisi de ne jouer qu’en stade"

"Pour la tournée The Joshua Tree Tour, U2 a choisi de ne jouer qu’en stade, nous répond Herman Schueremans, alias Monsieur festival Rock Werchter, par le biais de son attachée de presse Nele Bigare, vu que - depuis le rachat de son affaire par le géant américain Clear Channel/Live Nation en 2001 - l’homme le plus puissant du business belge se méfie de la presse. Ce qui explique pourquoi le Sportpaleis ou le site de Werchter n’ont pas été retenus".

Le stade Roi Baudouin accueille moins souvent de grands événements que celui du stade de France, pourquoi ? "C’est vrai mais le stade parisien accueille par contre aussi beaucoup plus de grands artistes français qui, eux, n’ont pas toujours le potentiel de remplir un stade en Belgique, explique l’ancien député Open VLD et CEO de Live Nation Belgique, organisateur de concerts. Et le marché belge peut en effet également compter sur une des plus grandes arènes d’Europe avec le Sportpaleis d’Anvers ou sur le site du parc de Werchter pour les mégaproductions. En sachant bien entendu que c’est toujours l’artiste qui fixera le choix du lieu où il préfère se produire et que nous suivrons ses désiderata".

Concernant le futur et l’arrivée annoncée d’un nouveau stade en 2019 à Bruxelles et l’organisation de concerts à plus grande échelle, "il est bien trop tôt pour s’avancer sur des projets à l’heure actuelle".


Stromae au stade de France

Inauguré en 1998, à l’occasion de la Coupe du monde de football, le stade de France est aussi devenu, au fil du temps, l’un des hauts lieux de la musique dans l’Hexagone.

Avec 80.000 places, il a, depuis sa création, accueilli plus de 350 événements sportifs et culturels, qui ont rassemblé près de 30 millions de personnes.

Lors de leurs tournées européennes, les artistes les plus en vue y font généralement escale, plus volontiers qu’à Bruxelles, notamment pour des questions de capacité (20.000 places de plus). Ont ainsi défilé à Paris les groupes Depeche Mode, AC/DC, Black Eyed Peas, Indochine, Muse, Metallica. les Red Hot Chili Peppers et… les Rolling Stones.

En solo, David Guetta, Eminem, George Michael, Jay-Z, Justin Timberlake, Kendrick Lamar, Lady Gaga, Paul McCartney, Rihanna et Yannick Noah ont fait le job.

Sans oublier, bien entendu, notre Stromae national, qui s’est déjà produit deux fois dans le stade parisien. La première, c’était en juin 2011, en première partie des Black Eyed Peas. Le petit Belge a tapé dans l’œil de Will.I.am et, l’espace de deux soirs, il va jouer devant 150.000 spectateurs.

La deuxième fois, c’était en 2013, en special guest du grand rassemblement du rap français, Urban Peace, qui réunissait notamment Sexion d’Assaut, IAM, La Fouine et Maître Gims.

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