Sur son 10e album studio, qui sort lundi prochain, le groupe irlandais a retrouvé l’essentiel: ses chansons

BRUXELLES Prises par Anton Corbijn, les superbes photos noir et blanc qui illustrent la pochette et le livret du nouvel album de U2, montrent les quatre musiciens irlandais dans le Hall 2 de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, à Paris. Au-delà de leur valeur esthétique, ces clichés pourraient suggérer que U2 est prêt à redécoller dans les charts et qu’il a encore suffisamment de bonnes chansons dans ses bagages pour conquérir le monde.
Plutôt qu’un vol charter chaotique et parsemé d’escales, Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen ont préféré nous inviter à bord d’un long courrier pour une destination qui sera familière aux fans tout en leur apportant exotisme, calme et volupté. Attachez-vos ceintures…
All that you can’t leave behind est le dixième album studio de U2, le premier depuis le techno/kitsch Pop, sorti en 1997. On imagine qu’avant d’entrer en studio, le groupe savait déjà où il allait. Le but recherché? Retrouver la simplicité. Bono ne dit rien d’autre sur le deuxième morceau Stuck in a moment you can’t get of. "J’essaye seulement de trouver une mélodie décente, une chanson que je peux chanter en ma seule compagnie."

Pas étonnant que U2 ait donc décidé d’enregistrer à la maison, à Dublin. Seule une infime partie du disque a été mise en boîte dans le sud de la France. U2 a aussi rappelé ses fidèles collaborateurs. Steve Lillywhite (producteur de leur premier disque Boy), Brian Eno, Daniel Lanois sont à nouveau derrière les manettes et, du moins pour les deux derniers, ils jouent aussi sur plusieurs morceaux.

Cette abondance de producteurs ne vient jamais étouffer le disque. Pas d’effets superflus, pas de gros son sur All that you can’t leave behind qui respire la sérénité et évoque souvent les climats apaisants de The Josuah three.

On compte huit ballades sur les onze morceaux. Fort heureusement, les qualités d’écriture de Bono et de compositeurs des quatres membres, évitent de tomber dans le plan comptines pour feu de camp. Grace, When I look at the world et surtout le très religieux Peace on earth sont ainsi des chansons lentes jamais lassantes. Au contraire…

On écrivait que U2 était prêt à reconquérir le monde. Si les radios ont été obligées, bon gré mal gré, de diffuser Beautiful day (dont le refrain est une pâle copie du déjà très nul The sun always shines on TV de A-Ha), elles se réjouissent à présent.
Tout d’abord avec New York, tube hargneux, truffé de guitares et doté d’un refrain imparable. Elevation est l’autre morceau très énergique du CD. On pense ici à Canonball des Breeders avec, encore une fois, des riffs psychédéliques balancés par The Edge. Kite sort également du lot. Violons, refrain en crescendo, voix aérienne de Bono en font sans conteste un hit potentiel. Wild honey, une autre ballade, séduit par ses accents country/folk alors que Walk on est une merveille pop doublée d’un chant d’espoir. Elle est dédiée à Aung San Suu Kyi, opposante birmane et prix Nobel de la paix assignée à résidence par la junte militaire. Une chanson qui vaut bien toutes les pétitions du monde..

U2, All that you can’t leave behind (Universal). Sortie le 30 octobre.