Un brin de nostalgie

Musique

Déborah Laurent

Publié le

Un brin de nostalgie
© JOCKMANS
Michel Polnareff se produisait jeudi et hier soir à Forest National. Il n'y avait plus mis les pieds depuis 1975...


BRUXELLES Le 26 octobre 1975, Michel Polnareff, alors déjà exilé aux Etats-Unis pour raisons fiscales et interdit de séjour en France, donnait son dernier concert en Europe, sur la scène de Forest National. Un concert qui restera dans les annales, puisque le chanteur a dû le livrer à l'aide d'un porte-voix, faute de matériel : le camion le transportant n'avait pas de papiers en règle et était resté bloqué à la frontière. Ce show terminé, Polnareff s'envola pour Los Angeles et s'accorda un repos long de plus de 30 ans...

Polnareff garde un souvenir ému de ce passage d'alors à Bruxelles. C'est porte-voix à la main qu'il a fait son entrée sur scène, jeudi soir, pour le premier de ses deux concerts chez nous. Il l'a bien évidemment vite laissé tomber puisque "cette fois-ci, on a tout." Choristes, musiciens hors pair et tubes, parfois réarrangés : effectivement, tous les ingrédients étaient réunis pour passer un agréable moment. Et il le fut ! Revoir Polnareff est réellement un plaisir, la plupart de ses titres n'ont pas pris une ride, ses mélodies sont toujours à couper le souffle : quelle dextérité au piano ! Petit bémol cela dit : Forest National, qui comptait dans ses rangs David Hallyday, François L'embrouille, Joelle Milquet et quelques visages connus de RTL, a eu franchement dû mal à se réveiller. Et l'artiste n'a eu de cesse de le secouer. "L'avantage, en 75, c'est que comme il n'y avait pas sono, je vous entendais plus...", déclara-t-il, après avoir déjà livré La poupée qui fait non, L'amour avec toi ou encore Sous quelle étoile suis-je né ?.

Joueur, il a recommencé plusieurs fois l'introduction de Love me, please love me. Les cris se sont alors élevés de la foule. C'est ce que Polna attendait : "Ah, Bruxelles se réveille enfin..." Plus tard, après une version western de Y a qu'un cheveu , il déclara encore : "Quand vous applaudirez, nous serons déjà partis, alors il faut le faire maintenant."

Vous l'aurez compris : Michel Polnareff s'attendait, tout comme nous, à un accueil plus chaleureux que celui que Forest National lui a réservé jeudi soir. Reste que c'est debout que Bruxelles a salué son show, alors qu'il touchait à sa fin. Les paroles de la chanson On ira tous au paradis défilèrent sur l'écran et eurent le résultat escompté : on se serait cru dans un karaoké. Les paillettes en forme de petites lunettes, référence évidemment à la célèbre monture qu'il porte sur le nez, balancées par les canons installés de part et d'autre de la scène, firent leur petit effet...

Il a clôturé son show avec une émotion toute particulière. On sait à quel point il s'intéresse au forum de son site internet officiel, appelé le Mur et sur lequel il est surnommé L'Amiral. Plus tôt d'ailleurs dans le concert, il fit signe à ses Moussaillons. La dernière chanson de la soirée, L'homme qui pleurait des larmes de verre (servie pour la deuxième fois, probablement parce que c'est celle qu'il préfère de tout son répertoire) fut dédicacée à Muriel, "une Belge qui était sur le Mur. Elle a rejoint le paradis mais elle aurait voulu être là ce soir..."

En bref, le retour de Michel Polnareff fut réussi, sans être particulièrement surprenant. Un doux vent de nostalgie a soufflé sur Forest National. On n'en demandait pas plus...



© La Dernière Heure 2007

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