Le nouvel album de Maxime Le Forestier sort ce mardi

BRUXELLES Maxime Le Forestier chante Jean-Jacques Goldman ! Après tout, pourquoi pas ? Mais c’est vrai qu’entre ce fils spirituel de Brassens et le compositeur pop rock, les univers sont, a priori, très différents. Cela dit, on les a vus plus d’une fois ensemble dans des équipes comme celle des Enfoirés. Que leurs relations soient amicales, ce n’est un secret pour personne. Que Goldman aime multiplier les expériences de composition, on le savait aussi. Et que Le Forestier puise à différentes sources le matériel de ses disques nouveaux, ce n’est pas un scoop.
Rendez-vous donc à la plage 8 de l’album L’écho des étoiles : la chanson s’appelle Affaire d’Etat. Texte de Maxime Le Forestier lui-même et musique cosignée par Le Forestier et Goldman. Ça commence par des chœurs ethniques, vaguement africains. A l’écoute, on a l’impression que les couplets sont inspiration maison tandis que Goldman a mené les Hé yé répétitifs du refrain. En tout cas, ça sonne rock par des guitares puissantes.
Cette chanson-cadeau a une histoire. Ailleurs sur l’album se trouve un blues énergique intitulé La chanson à Paul et dédiée, sans que son nom ne soit jamais cité, à Paul Personne. Pour enregistrer les chœurs de cette chanson, Maxime Le Forestier avait obtenu la collaboration de Marc Lavoine et de Zazie. Des chœurs classiques. Du Ou Ou où on ne reconnaît personne.
Goldman aurait dû faire le troisième larron et il n’est pas venu. Traditionnel quiproquo des rendez-vous ratés. Goldman suggéra alors de chanter sur un autre titre. Maxime Le Forestier lui donna le texte de Affaires d’Etat pour lequel il n’avait pas encore composé de musique. "Jean-Jacques a mis toute la chanson en place : rythme, structure, et même le titre. J’ai simplement fini la mélodie."
En plus de la composition, Goldman apporte la deuxième voix à cette chanson.

C’est du belge…

L’écho des étoiles doit son titre à la première chanson de l’album, dont le texte est cosigné par un Belge, Boris Bergman. Qui fait d’ailleurs, en tout ou en partie, six textes sur les douze de ce disque.
Et cette première chanson résume un peu la démarche du Le Forestier d’aujourd’hui. Il reste définitivement fidèle à une manière de concevoir les mots qu’on avait davantage hier qu’aujourd’hui. Mais il peuple ses chansons de sonorités modernes comme, ici, des percussions et des trompettes qui ont une couleur cubaine.
Dans l’ensemble, l’album mêle des expériences musicales plus intéressantes que les expériences textuelles parfois un peu hermétiques.

La deuxième chanson, Petit nuage sur Amsterdam, est une ballade suivie par une guitare arpégée, dans un univers très proche de celui de notre Philippe Lafontaine dont on sait que Le Forestier est un ami et un admirateur.

J’aurai ta peau (…"contre la mienne") en faux funk est une des plus intéressantes chansons de l’album. Suivie par Les chevaux rebelles dans un style qui renvoie au Le Forestier des premières heures, début des années 70.

Il est plus antillais dans Minimum que Minnie m’aime. Comme on le voit, Le Forestier cherche la variété au sens littéral du terme : une ambiance et un style par chanson…

Il offre ensuite un Portrait de fille coécrit avec… une fille : Joëlle Kopf (qui avait déjà signé Femme libérée pour Cookie Dingler).
Des percussions africaines amènent la chanson Rue Darwin qui, dans la réalité, est le nom d’une rue de Paris voisine du domicile du chanteur.
Il choisit d’excellents choristes noirs et un rythme reggae très appuyé pour expliquer qu’il "manque une case à l’Oncle Tom".

Maxime Le Forestier, CD L’écho des étoiles, Universal, sortie le 31 octobre.