Sardou a surtout chanté à Forest les titres de ses deux derniers albums. Les classiques n'ont eu droit qu'à 20 minutes...

BRUXELLES Il est un peu moins de 20 h 30 jeudi. Sardou s'apprête à donner le premier de ses trois concerts consécutifs à Forest National. Le rideau se lève. L'interprète de La maladie d'amour apparaît seul, une guitare à la main, dans un faisceau de lumière. Il entame les premières notes d'Allons danser . Le public applaudit à tout va. Puis, au moment du refrain, les spots s'élargissent, laissant apparaître tout l'orchestre. Nouvelle salve d'applaudissements. La soirée commence bien.

La suite sera malheureusement moins exaltante. Comme beaucoup d'artistes de sa génération, Michel Sardou va se sentir obligé d'aligner pratiquement que des titres de son dernier album : Concorde, Les jours avec et les jours sans, Les yeux de mon père, Je serai là ... Peu importe ce qu'on pense de ces chansons, le fait est qu'on les connaît moins et qu'elles ne font pas se lever le public. Et lorsqu'on a un titre qui n'est pas extrait d'Hors format , c'est qu'il est généralement issu de l'album précédent. Bref, l'ambiance a du mal à décoller. D'autant que Sardou n'a jamais été une bête de scène. Habillé en noir de la tête aux pieds, il répète toujours les mêmes pas de gauche à droite devant l'escalier qui sert d'unique décor.

Puis, au bout de 50 minutes, changement soudain de style. On passe à ce que tout le monde attend : les grands classiques ! On se demandait comment il allait aborder cet exercice imposé. Et là, il faut avouer, il a trouvé une astuce plutôt amusante. "Je sais que chacun de vous est venu ce soir pour écouter une chanson, sa chanson ! Mais avec le nombre de titres qu'il y a, ça risque d'être long. Alors, je vous propose de tous chanter très fort la chanson pour laquelle vous êtes venu ce soir." S'en suit évidemment une énorme cacophonie, chacun entamant un titre différent. "Bon, j'ai compris, on va faire ça dans l'ordre, par époque !" Et là, Sardou se met à chanter a capela les premières notes de ses plus gros succès, puis, à chaque fois, c'est le public qui continue à sa place. Chaque titre a droit à une trentaine de secondes : Mourir de plaisir, Femme des années 80, Le France, La folle du régiment, Je vais t'aimer, Les Ricains, En chantant ... Le tout entrecoupé de quelques touches d'autodérision, comme lorsqu'il reconnaît que "pour les puristes, ce n'est plus dans la tonalité, mais à 59 ans, on a le droit de respirer." Tout cela dure une vingtaine de minutes et c'est clairement le meilleur moment du spectacle. Mais on reste quand même un peu sur sa faim. Parce qu'on aurait préféré davantage l'entendre chanter lui-même et qu'on aurait aimé aussi avoir les chansons en entier.

Il enchaîne ensuite avec un joli hommage à son père, en reprenant la chanson Aujourd'hui peut-être , avant de refaire le fameux sketch avec la voix de sa mère. La salle est comblée. Mais la température redescend malheureusement ensuite, puisqu'à partir de là, ce sera à nouveau essentiellement des morceaux de son dernier opus : Valentine Day, La dernière danse ... Même Beethoven , pourtant nettement plus connu, a du mal à faire bouger le public. Sur la fin, il nous reprend quand même Les lacs du Connemara , histoire de rappeler qu'il reste, vocalement, l'un des meilleurs. Vient alors l'ultime morceau, Cette chanson n'en est pas une , qui clôt également son dernier album. Un final en demi-teinte. Sardou avait annoncé que ce serait sa dernière grande tournée. On aurait aimé qu'il en profite pour davantage revisiter ses succès...

Dates supplémentaires à Forest National les 16 et 17 novembre. 0900/00.456



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