Louis Chédid offre aux enfants la plus belle des histoires pour les fêtes

EnvoyéE spécialEen franceisabelle monnart

PARIS C'est Bénabar qui a dû être content, en arrivant au Grand Rex, dimanche après midi. Lui qui sourit en coin des moyens techniques de la SFP dans sa chanson Maritie et Gilbert Carpentier n'a pu manquer les nombreux cars de captation qui encombraient le grand boulevard parisien. C'est que l'événement était de taille. À l'initiative de Louis Chédid et pour deux représentations seulement, le gratin de la chanson française s'était donné rendez-vous pour l'enregistrement d'un spectacle de fête, Le Soldat Rose , qui prend pour cadre le rayon jouets d'un grand magasin. Capté, donc, par la télévision de service public, le bon petit soldat et ses compagnons seront visibles sur France 2 fin décembre mais déjà bien avant sur la RTBF. Quand ? Mystère. La date du 2 décembre, initialement prévue, ayant été modifiée pour des raisons de concurrence... Nous vous en reparlerons, évidemment, en temps utile.

Mais Le Soldat Rose , donc. Dans la salle, et c'est heureux, il y a plus de petits que de grands. Leur impatience fait plaisir à entendre, surtout quand elle est scandée en choeur. En coulisses, les artistes, ils nous l'avoueront ensuite, sont tout chose. À 15 heures, quand le noir se fait et que la voix de grand magasin, ­ en l'occurrence celle de Catherine Jacob, ­ retentit, c'est l'explosion de joie. Pendant un peu plus d'une heure, les petites mirettes seront scotchées à la scène où se succéderont Betty Quette (Jeanne Cherhal), le petit Joseph (Raoul Le Pennec), enfermé volontaire dans la grande surface, le soldat (M), le conducteur de train (Sanseverino), le roi et la reine (Shirley et Dino), Cousin Puzzle (Albin de la Simone), le gardien de nuit (Francis Cabrel), la poupée Made In Asia (Vanessa Paradis), le petit chimiste (Bénabar), l'homme de ménage (Souchon), la panthère noire (Louis Chédid). Sans oublier la fiancée du Soldat (Céline Bary). L'espace d'une nuit, tandis que les parents du petit Joseph le recherchent en vain, celui-ci va faire la connaissance d'un monde parallèle dans lequel les jouets parlent, rient et pleurent, un monde qui ressemble fort au nôtre et dont l'auteur ne se prive pas de stigmatiser les travers. Sous des dehors tendres et entraînants, c'est tour à tour la beauté ou la vilenie de notre société d'adultes qui défile. Une jolie manière de faire passer un joli message auprès des plus petits. D'autant que le père Chédid est un rusé renard et qu'il a su entraîner dans son aventure tous ses potes. Mais il a fait mieux que ça : il a confié à chacun d'entre eux le texte parfait. Entendre Souchon chanter "Quand on peut traverser un passage clouté sans sauter sur les gros bâtons blancs, alors on a perdu ses yeux d'enfant" est un pur moment de bonheur. Parmi beaucoup d'autres. À ne pas manquer à la télé et sur CD puisque Le Soldat Rose sort chez Universal.



© La Dernière Heure 2006