Le Covid nous aurait-il volé notre âme d’enfant? Difficile de répondre à cette question. Une chose est certaine en revanche, pendant deux ans, il a bousculé nos habitudes de vies. Même ancrées depuis plusieurs générations. Fini de danser, de jouer, de sortir, de s’amuser. Bref, tout ce qui constitue au fond, un enfant. Mais comment faire pour retrouver les plaisirs de nos jeunes années?

Sept entrepreneurs, mais surtout amis, ont réfléchi sur la question. Issus de milieux totalement différents, ils avaient envie de construire un projet commun qui ait du sens. Puis, comme une illumination, une idée s’est imposée d’elle-même. "Organisons un festival !" L’aventure est lancée. Le nom tout trouvé: voici le Kapla Dance Festival.


Un projet démentiel

Mettre sur pied un festival de musique demande une logistique d’envergure. Surtout, il requiert une panoplie de compétences. Cela tombe bien, le groupuscule n’en manque pas. Gonzague Buckens et Thomas Henet sont des amis de longue date. Ensemble, ils avaient déjà une expérience entrepreneuriale: "Nous avons fondé le Markt près du canal de Bruxelles avec un autre associé" commencent-ils. "Nous assurions la gestion des évènements musicaux, du bar et des food-stands du Kanal Centre Pompidou. Nous avons été les organisateurs de nombreux évènements ayant accueilli des artistes tels que Laurent Garnier et des collectifs comme Crevette Records."

Du coup, l’idée d’un festival fait sens. Le groupuscule ne vogue pas dans l’inconnu. Mais il existe un problème de taille: l’endroit. Comment trouver un lieu pas trop cher qui puisse accueillir un maximum de personnes sans surcharger les coûts? C’est à ce moment-là que William Wolf intervient ! "Parallèlement à mes études à l’ICHEC, j’ai vite commencé à travailler dans la société familiale Wolftech. Elle est spécialisée dans la vente et location de matériel de coffrage, d’échafaudage et de soutènement. Nous avions déjà collaboré avec le Markt", explique-t-il. Surtout, cette société dispose d’un espace de stockage énorme dans le nord de Bruxelles. "Et nous fêtons les 120 ans de la boite cette année ! On souhaitait marquer le coup et rassembler ses collaborateurs. L’occasion était trop belle pour utiliser nos bureaux avec un chouette événement comme celui-ci."


Maintenant que le lieu est trouvé, il faut l’aménager. Et de préférence de façon originale. Heureusement, le groupe compte en ses rangs deux architectes créatifs: Thomas Henet (qui a déjà été présenté) et Margaux Lejeune. Fort de cette expérience au Markt, le premier a déjà prouvé sa valeur lors de soirées endiablées. "Cela m’a permis d’imaginer différentes scénographies à base de matériaux industriels. J’ai depuis lors continué à investir mon temps libre dans la conception de scènes, notamment et récemment pour Roméo Elvis." Un sacré background donc.

La seconde aussi a de la suite dans les idées. Seule présence féminine du groupe, elle amène une touche différente. Avec beaucoup de créativité. "J’ai une approche exhaustive de l’architecture grâce à mon métier ce qui m’a permise à me lancer dans l’aventure. Mon objectif est simple: apporter un côté unique avec une disposition inédite. Nous voulons donner naissance à un festival original et décalé."

© D.R.

Ayant eu vent du projet entre potes, Loic Thieffry propose également ses services. Fort de son expérience dans l’événementiel (il possède une boite d’événements sportifs pour les entreprises), il choisit de s’occuper de la gestion des boissons. Position assez centrale lorsqu’on accueille près de 1000 personnes. "On me considère un peu comme l’électron libre du groupe. Mais organiser un festival de ce type entre amis a toujours constitué un rêve. C’était une opportunité à ne pas manquer" ajoute-t-il, visiblement excité par ce projet démentiel.

Une programmation locale

L’endroit est dans la poche. À présent, il faut créer un visuel pertinent. "Notre festival a pour objectif de faire émerger les âmes d’enfants de ses festivaliers au beau milieu d’un site industriel unique de plus de 40.000 m²" explique Arthur Meeus, l’un des organisateurs. Surtout, cet avocat en droit de l’environnement cache bien son jeu. Le défi est énorme. Mais le Bruxellois possède plusieurs atouts: "J’ai toujours été passionné par l’art et la musique en particulier" avoue-t-il. "J’ai consacré une grande partie de mon temps libre à la programmation musicale ainsi qu’au dessin. Lancer un festival avec des amis était donc un rêve qui me permet de mettre en pratique ces deux passions !"

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Depuis plusieurs années, il sillonne toutes les scènes de Belgique. En espérant, un jour, en faire quelque chose. Petit à petit, il se crée un petit réseau. Ce qui lui permet d’attirer des artistes émergents comme Kayu. Ou des plus confirmés comme Le Motel, qui a enregistré le premier album avec Romeo Elvis. Ensemble leur objectif est clair pour cette première édition: mettre en lumière la scène locale belge. "Notre volonté est de concevoir une programmation éclectique mais cohérente : du new-jazz à l’électronique, en passant par le hip-hop et le rock. La priorité sera de faire découvrir aux festivaliers la scène émergente, tout en s’appuyant sur quelques head-liners."

Un concept bien… huilé !

Enfin, que serait un bon festival sans une nourriture adaptée? L’ambition est d’éviter à tout prix le fast food. Cela ne collerait pas avec les valeurs qu’ils portent. Cesar Hoed, le cuistot du groupe, s’est donc creusé les méninges. Ce voyageur effréné possède un parcours peu commun. "J’ai obtenu mon diplôme de droit. Rapidement, j’ai compris que cela n’était pas pour moi." Il s’est ensuite cherché… pour se trouver dans la cuisine ! "Dans ce domaine, je peux faire parler ma créativité. Je me suis lancé à corps perdu dans des restaurants comme Sanzaru, Nenu ou Houmous et Hortense. J’y ai tout appris comme lors de mes voyages en Asie ou en Amérique du Sud." Des restaurants où nourriture rime avec gastronomie. "On veut surprendre le public avec une carte inhabituelle pour un festival. Nous proposerons des recettes originales et savoureuses. Aussi bien végétales que composées de poisson ou de viande. L’attention particulière portée à l’aspect durable des produits utilisés s’inscrit dans le caractère respectueux de l’environnement dont nous souhaitons imprégner le festival".

Grâce à ce festival, ces sept jeunes ont voulu marquer le coup. Tous se connaissent depuis leur jeunesse ou presque. Avec le covid, ils ont certainement perdu un peu de leur insouciance. Une insouciance qu’ils pourront retrouver le temps d’un festival. Où ils espèrent que les 800 festivaliers retrouveront, comme eux, leur âme d’enfant.

Information sur le festival:

Où ? Machelen - Nord de Bruxelles Quand ? Samedi 18 septembre 2021, de 15h00 à 03h00 Combien ? Entre 500 et 800 personnes Prix ? 15/25 EUR