Avec son All Of Me Tour , le chanteur soul «Number One» de la planète a charmé Forest National.
 
Un John légendaire, le jeu de mot parait facile. Mais le natif de Springfield dans l’Ohio est certainement en passe de le devenir s’il poursuit cette route en mode soul-itude. Avant de le retrouver bientôt sur le chemin de… David Guetta (si, si, il a signé le featuring du titre éponyme du prochain album de la superstar des platines, Listen ), la star américaine semble déjà séduire un public de plus en plus large. 

La preuve encore hier soir, à Forest National, où le temple de la musique bruxelloise arborait un public de tout âge et de tout horizon. Ses balades amoureusement enivrantes en sont certainement pour quelque chose. Sa collaboration, avec le très réussi Who Did That To You, à la B.O. du Django Unchained de Quentin Tarantino aussi.
 
Révélé au grand public en 2005 -découvert par Kanye West avec leur featuring sur Number One- et l’album Get Lifted , John Roger Stephens -de son vrai nom- gagne assez vite son statut de «légende» en mélangeant du gospel, du R’n’B et du hip-hop. Après des tubes comme Ordinary People, Used to Love So, So High ou encore Save Room, John est aujourd’hui entré dans la « Legend » grâce à son tube planétaire All of Me . Un titre (en rappel frissonnant du concert d’hier soir) qui résume à lui seul la personnalité de ce séducteur hors pair. Le musicien de 35 ans allant du r’n’b au soft jazz en passant limite par du blues, le tout imprégné d’une soul aussi élégante que feutrée.  
 
Un concert jazzy ou il donna All of Me (tout de lui) 
 
Fort d’un dernier album de grande qualité ( Love in the Future s’inspire de son récent mariage avec la top model Christine «Chrissy» Teigen), le producteur de renom (Jay Z, Alicia Keys et Lauryn Hill ont fait appel à lui) jouait du piano comme si ce dernier n’était qu’une extension de ses doigts. Donnez lui de la lumière verte (aka Green Light, son hit en featuring avec Andre 3000 du groupe Outkast) et vous ne l’arrêtez plus. 

Jamais avare, qui plus est, d’une vanne, d’un mot doux pour son public ou les deux à la fois. «Je passe un super moment avec vous et je dois avouer que vous êtes le meilleur public de cette tourné européenne. Et je ne le dis pas chaque soir! (sourires)» . Que ce soit entouré de son groupe (4 violonistes, une batterie, deux guitares, deux basses) ou seul sur son piano, une chose s’élève toujours au dessus de la mêlée: sa voix. Pas besoin de tralala, son organe fait le show. 
 
Après une superbe reprise de Rock With You de Michael Jackson ou encore sa version P.D.A. de We Just Don’t Care, il finira par faire craquer l’assemblée (certains esquissaient des slows langoureux) sur sa touchante chanson dédié à sa «Chrissy» d’amour ou la poignante Bridge Over Troubled Water

Dédicacée à sa grand-mère qui lui refila son piano juste avant sa mort - «elle nous a quitté lorsque j’avais 10 ans » avoue-t-il en live-, ce morceau montre à quel point John Legend a grandi dans la musique. «Mon grand-père était pasteur, je me suis donc souvent retrouvé à chanter du gospel, en famille, à l’église» conclut-il avant d’embrasser la foule. Ravie par ce concert d’1h40 transpirant -sa chemise blanche en est devenue transparente- de bonnes ondes. Ce qui donne envie de paraphraser un certain Barney Stinson ( How I Met Your Mother ): « This concert was legend… Wait for it… Dary! (John) Legendary! » - Pierre-Yves Paque