Qu'est-ce qui a transformé Chimène Badi à ce point-là ?

SPA En 2005, à l'époque de la sortie de son album précédent, Dis-moi que tu m'aimes, Chimène Badi apparaissait aux journalistes comme une fille du type chante et tais-toi. Il faut bien l'écrire : ses interviews étaient difficiles et peu passionnantes. Depuis qu'elle chante Le miroir, il faut croire que c'est d'un miroir magique qu'il s'agit. Elle répète que cet album l'a aidée à s'assumer. Mais à quel point ! La voilà femme, autonome, réfléchie et, surtout, extraordinairement bavarde. Non ! Ce n'est plus la même personne. Là où il fallait lui tirer les vers du nez, voici que le stylo ne court plus assez vite sur le papier lorsqu'on essaie de la suivre. Et donc, avant de venir chanter, le 17 avril à Forest National, voici une Chimène Badi qui parle : "Je peux dire que ce spectacle m'a fait travailler énormément. Depuis quelques mois, ça a été la course. Avec la promo du disque et les répétitions du show, je n'ai plus eu une journée à moi. C'est vraiment un métier pas comme les autres. Nous n'avons pas le droit de tomber malade. Il arrive qu'on soit très fatiguée, physiquement ou psychologiquement, mais quand on se met à chanter, ça revient".

Vous arrive-t-il de passer une journée sans chanter ?

"Normalement, sur une journée normale, avec les répétitions et les filages, je chante un peu plus de trois heures. Mais ça m'amuse... Je me suis quand même décidée à prendre un professeur de chant qui me fait travailler par des images afin que j'arrive à comprendre ce qui se passe car le but est d'arriver à me reposer vocalement. Ce professeur va me suivre en tournée."

Comment choisissez-vous les chansons de votre spectacle ?

"Je mets un peu des trois. Plusieurs chansons du nouvel album, mais pas toutes. Mes chansons plus anciennes que les gens attendent. Et puis, des reprises. Il s'agit de chansons que j'ai envie de chanter. Je puise dans un répertoire très large, de la variété française à la rhythm & soul pure."

Du Stevie Wonder ?

"Oui ! J'aime beaucoup Stevie Wonder. Il a une voix exceptionnelle, des sons qu'il a amenés et qui n'existaient pas avant lui. Il a toujours été mon idole, avant même Céline Dion. À l'école, à 5 ans, on nous avait demandé d'amener les disques que nous aimions, pour une fête. Les autres sont venus avec La Chenille et des chansons pareilles. Moi j'ai amené un vinyle de Stevie Wonder."

Vous avez 24 ans, vous êtes chanteuse et on vous pose, de plus en plus, des questions sur la politique. Vous trouvez ça normal ?

"Je me sens citoyenne et impliquée et, donc, je trouve logique qu'on me pose des questions dans ce sens-là. Maintenant, si on me demande pour qui je vais voter, là ça reste privé. Mais je parle du monde qui m'entoure avec mon coeur. Plusieurs choses me font flipper. Je suis une femme d'origine algérienne et je suis donc très concernée par le sort des enfants. C'est vrai que, quand je vois des enfants en bas âge, j'ai peur pour leur avenir. J'ai peur aussi de ce monde où on ne peut plus laisser jouer les enfants seuls dans les rues. Je n'aime pas le pouvoir de l'argent lorsque ça va jusqu'à enlever les yeux d'enfants de cinq ans pour les greffer sur des personnes très riches. Il se pratique en 2007 des choses qui ne devraient plus exister. À quoi je servirais, si je ne pouvais rien faire pour faire évoluer le monde dans lequel naîtra un jour mon enfant."

Vous y songez

"Bien sûr. Pas dans l'immédiat car il est impossible, à mes yeux, d'élever des enfants et de gérer une carrière. Mais je veux avoir des enfants, même si je sais que je mourrai d'inquiétude pour eux. Je me rends déjà malade rien que pour ma petite chienne. Alors, mes enfants, vous pensez..."

Chimène Badi est en concertà Forest National ce mardi 17 avril (réservations 0900/00 991).



© La Dernière Heure 2007