Le premier album de Yael Naim, porté par l'entêtant single New Soul, est un succès


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BRUXELLES Il était difficile de passer à côté de la New Soul de Yael Naim ces derniers mois... La chanson, ballade pop entêtante, a connu un succès sans précédent. Elle a amené Yael Naim, la chanteuse, qu'on a découverte dans la comédie musicale Les dix commandements, et son acolyte, David Donatien, au sommet. Leur disque, conçu dans l'intimité d'un appartement pendant un peu plus de deux ans et composé de titres en anglais, français et hébreu, a été couronné dans la rubrique musique du monde aux dernières Victoires de la musique tandis qu'Apple a choisi New Soul pour faire la pub de son McBook Air. Résultat ? Un numéro un en téléchargement aux États-Unis et une entrée dans le top 10 du célèbre Billboard aux États-Unis.

Yael Naim se produisait mercredi soir dans un Cirque Royal comble, dans le cadre des Nuits du Botanique. Quelques heures avant leur prestation, le duo nous confiait vivre ce merveilleux succès très sereinement. "En fait, c'est comme s'il y avait un gros délai entre le moment où les choses se passent et le moment où on sent les choses, explique Yael. C'est très abstrait. On t'appelle, on donne des résultats et nous, en fait, on ne s'en rend compte que quand on monte sur scène, quand on voit les salles qui grandissent."

David : "Être premier des téléchargements aux États-Unis, entrer au Billboard comme ça, ce n'est pas arrivé en France depuis 65, je crois... Ça nous fait réaliser parce que ça nous donne des repères par rapport à notre pays, mais on ne connaît pas les radios là-bas, on ne connaît pas tout ce que ça représente. Tout ça reste très abstrait et c'est très bien. On a fait l'album pendant deux ans et demi enfermé dans un appartement, et là, le succès, pour nous, c'est qu'on continue à faire de la musique mais en rencontrant des gens."

Comment s'est effectué le choix des langues pour ce disque ?

Yael : "Il y a eu deux étapes. J'ai toujours écrit en anglais. Puis, j'ai vécu une chose dans ma vie personnelle, un amoureux qui m'a quittée, qui a fait que j'ai eu besoin de me reconnecter à ma langue, à Israël. Je me suis retrouvée à écrire en hébreu. C'est sorti comme ça. Mais c'était des chansons trop privées à mes yeux, je ne pensais pas en faire quelque chose. Quelques mois plus tard, je rencontre David. Musicalement, il y a une sensibilité qui se crée entre nous, et je lui fais écouter les chansons..."

David : "J'ai entendu 200 morceaux. Il y avait plein d'émotions différentes, plein de niveaux de composition différents. C'était assez disparate. Au départ, je ne devais pas faire l'album avec Yael, je devais juste l'aider. Je me suis dit donc que l'important pour elle était de faire comprendre qui elle était vraiment. Lorsque j'ai entendu ces dix morceaux en hébreu au milieu de tout ça, je me suis dit que c'était vraiment elle. Ça lui permettait de faire un premier pas avec une matière brute..."

Vous chantez sous le nom de Yael Naim, mais pourtant vous êtes deux...

Yael : "On sent vraiment que c'est notre réalité. David voulait m'aider à faire mon projet. On a travaillé pendant deux ans, en se disant qu'on était en train de réaliser mon projet. Mais c'est devenu notre projet. Quand on a signé, on s'est dit : non mais attends, l'aventure va s'arrêter là, je vais aller toute seule parler aux médias ? Non, on voulait vivre l'aventure ensemble. On s'est dit qu'on allait dire qu'on était un groupe et garder cette identité très personnelle. On a juste essayé d'être le plus juste possible par rapport à notre histoire. On défend le caractère de notre duo jusqu'au bout."

Yael Naim (Bang !).



© La Dernière Heure 2008