Mes Souliers sont rouges s'inspirait du folklore québecois. Le nouvel album est plus personnel

BRUXELLES Pour le groupe Mes souliers sont rouges, c'est à nouveau... la turlute. Il sort d'une retraite d'une bonne année en même temps qu'un nouvel album, 5. Et comme, dans son genre musical, on n'est jamais mieux servi que par la scène, ils remplacent les sempiternelles promos par une bonne tournée. Pour tout vous dire, le disque est sur le marché depuis le 15 janvier et, dès le 6 février, le groupe se retrouvera chez nous (à l'Ancienne Belgique). Il sera aussi à Dolhain, près de Verviers, le 7. Deux étapes sur un programme de quarante spectacles qui s'arrêtera le 27 avril.

Sortis du bois ou Manivelle, les premières chansons du CD ont, ainsi que d'autres, une dimension scénique incontestable, mais le style de ces chansons-là est très différent du type survivance du folklore québecois qui caractérisait le groupe jusqu'ici et qu'on retrouve dans d'autres titres comme Petite Galiote, véritable chanson de marins. A l'inverse, une chanson comme Monsieur Fernand pourrait être tirée de l'univers d'un Paolo Conte.

Cet album a été achevé au studio ICP de Bruxelles: `Nous avons surtout reçus des moyens comme nous n'en avons jamais eus auparavant. Gràce à La turlute, notre quatrième album a dépassé les 100.000 ventes. Du coup, la maison de disques nous a donné de quoi arrêter complètement les tournées pendant presqu'un an. Auparavant, il nous fallait composer nos chansons de ville en ville et enregister nos disques entre deux dates. Nous avons donc eu, cette fois, le temps de pousser les choses plus dans les détails, notamment au niveau des textes. Et de bavarder aussi. Car nous sommes tous issus d'univers musicaux complètement différents. Avec les années, fatalement, on se connaît de mieux en mieux. Chacun apporte ses idées. C'est pourquoi, sans toucher à l'esprit de Mes Souliers sont rouges, il nous a paru intéressant de changer aussi un peu les thèmes. Nous avons une chanson très particulière, Printemps, qui est une chanson d'amour d'un fils à son père. C'est vachement personnel. Mais, en même temps, je pense que tout le monde peut se retrouver là-dedans. ´

Votre musique est très différente de celle de la Star Academy...
`Dans une émission comme la Star Academy , on montre aux gens ce qu'ils veu lent voir. Ce qui, forcément, limite les choses. Le résultat, c'est que les artistes qui sortent de là sont fondus dans un moule. Nous sommes issus de la scène. Alors on sait bien que, nous aussi, aujourd'hui, nous avons une maison de disques, un chef de production et, dès lors, que nous sommes un produit, mais nous sommes là depuis dix ans et nous n'avons pas attendu les maisons de disques pour dire ce que nous avions à dire. Ce fut, au contraire, aux maisons de disques à nous accepter tels que nous étions. Nous avions tenu dix ans, nous aurions pu tenir dix ans de plus. La différence, c'est qu'aujourd'hui, nous avons les moyens de faire écouter notre musique dans les médias et on se sert de ça.´

Des chansons peuvent changer les choses?
`Nous n'utilisons pas le disque pour ça. Quand nous faisons un disque, nous nous mettons à la place des gens qui vont l'écouter. Par contre, en concert... G râce au succès d'une chanson comme La Turlute, des gens qui votent Le Pen vienent nous voir en spectacle. Et c'est pour ça qu'on parle. Nous n'entendons pas changer les idées des gens, mais on veut les inviter à réfléchir. Sans se prendre la tête. Mais en dépassant quand même le côté festif de nos chansons. Un groupe comme le nôtre a un rôle social.´

Mes souliers sont rouges, CD 5, Distrisound. Le 6 février à l'Ancienne Belgique (02/548 24 24). Le 7 à Dolhain (087/763 034).

© La Dernière Heure 2003