Les conséquences directes et indirectes de leur deuxième placeà l'Eurovision

BRUXELLES En ce moment, Urban Trad a des samedis wallons. Vendredi dernier, à Frasnes-lez-Gosselies, le groupe jouait dans son jardin ou, plus exactement, dans celui de son membre fondateur, Yves Barbieux. Le plus wallon des joueurs de cornemuse est, en effet, un enfant du pays.

Ce samedi, le groupe qui fut deuxième à l'Eurovision, se retrouve sur la scène du centre culturel de Seraing. Et le samedi suivant, le 6 décembre, il sera à Sambreville. Avec, la veille, un concert à Ciney.

Durant l'été, Urban Trad a écumé les festivals de Flandre et de Wallonie. Le disque s'est correctement vendu. Question à Yves Barbieux:

Considérez-vous que cette Eurovision vous a apporté ce que vous imaginiez?

«Oui et non. Au niveau international, les choses s'installent plus lentement qu'on le pensait. Mais ça avance! Dans les prochains mois, nous partons en Louisiane et en Tchéquie. Nous avons aussi des contacts avec le Canada."

Mais la Louisiane et le Canada ne sont pas des erritoires de l'Eurovision...

«Non! Mais il y a aussi des conséquences indirectes. Notre beau résultat à l'Eurovision nous a valu un reportage qui est passé sur TV 5. Quelqu'un, en Louisiane, l'a vu et, en avril, nous y partons pour une semaine, dans le cadre d'un grand festival international. En juillet, nous sommes programmés dans un festival de musiques traditionnelles, à Ostrava, en Tchéquie, et il y aura un concert à Prague. Des demandes nous parviennent d'Ukraine et il est plus que probable que nous retournerons, pour quelques concerts, en Lettonie, où se déroulait l'Eurovision. »

Depuis votre retour de Lettonie, vous avez voyagé?

«Non! Sauf pour une grosse émission de télévision en Espagne: en Galice, d'où notre chanteuse, Véronique, est originaire. Ce qui nous a valu, là-bas, énormément de presse, au moment de l'Eurovision et par la suite.»

Et en Belgique?

«En Belgique, les choses se passent très bien. Nous avons vendu 32.000singles et 26.000 albums, ce qui nous vaut un disque d'or dans chacune des deux catégories. La semaine dernière, à Bons Villers, nous avons attiré 1100 personnes et, pour l'endroit, c'était du jamais vu. Avant, nous n'étions cautionnés que dans le circuit folk. Grâce à l'Eurovision, nous atteignons aujourd'hui le grand public. Et puis, de concert en concert, les gens se racontent le spectacle car il est évident que, pour un groupe comme le nôtre, tout se passe sur scène. Ce qui est formidable, c'est que nous sommes aussi bien accueillis dans la partie flamande du pays qu'en Wallonie."

Vous n'avez pas eu la possibilité d'être programmés sur des grandes scènes?

«C'est prévu! Le 5 février, nous jouons au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. La semaine suivante, nous nous produisons au profit des Restos du Coeur. Ce sera une grande scène bruxelloise. Mais rien n'est encore officiel et on ne sait pas laquelle.»

Aujourd'hui, vous pouvez tous vivre grâce à Urban Trad?

«Grâce à la musique, oui. Grâce à Urban Trad, non. Pour tous, Urban Trad est devenu la priorité, mais chacun a encore ses trucs à côté. Tout va dépendre de notre carrière internationale. Malgré tout, le disque est sorti dans dix pays, mais sans promo et sans investissements. Ce qui ne nous a pas empêché d'en vendre quand même 2000 en Espagne.»

Urban Trad se produit ce samedi au centre culturel de Seraing, le 5 décembre au centre culturel de Ciney et le 6 au centre culturel de Sambreville.

© La Dernière Heure 2003