Vianney tient à jouer dans la salle où 90 personnes ont été tuées le 13 novembre 2015.

Après la tournée marathon qui a suivi la sortie de son premier album, Vianney reprendra la route début 2017 pour présenter ses nouveaux titres. Il fera étape à la salle de La Madeleine, à Bruxelles, le 27 avril, après deux showcases bruxellois déjà complets les 8 et 9 décembre.

En France, ce sont des Zéniths qui sont au programme pour celui qui, en 2014, jouait encore ses chansons seul dans sa chambre. Mais une date n’aura pas la même saveur que les autres, celle du 21 mars. Ce jour-là, Vianney se produira au désormais tristement célèbre Bataclan, à Paris. "C’est pour la portée symbolique qu’on a programmé cette date. On sera très fier de faire revivre cette salle et du sens qu’aura ce concert. Il n’y pas que Sting qui doit s’y produire. La chanson française doit y exister, les jeunes et le rap aussi. La décision de jouer au Bataclan a été mûrie en équipe. On veut montrer aux gens qui n’ont pas encore compris qu’une guerre se joue, que nous avons décidé d’être non-violents. Ce sera un effort pour nous d’y être parce qu’on appréhende notre réaction émotionnelle au moment d’entrer dans cette salle. Il va falloir transformer cet instant en quelque chose de sublime. Ce sera une grosse date."

Le lendemain de l’attentat contre le Bataclan, Vianney et son équipe avaient déjà connu une émotion similaire. "On a joué devant une salle qui avait diminué du tiers de sa capacité et parmi les gens présents, il y avait une crainte immense, une ambiance très particulière. Mais nous sommes parvenus à proposer une soirée heureuse." C’est une date très forte dont il se souvient avec émotion.

© DR

"Je n’ai jamais cessé d’être le plus heureux du monde"

Après le succès de son premier album, Vianney est de retour avec un nouveau disque plus personnel.

Deux ans après le succès de Pas Là, 15 millions de vues sur YouTube, et la sortie d’Idées Blanches, certifié disque de platine, Vianney est de retour avec un nouvel album sous le bras. Simplement intitulé Vianney, il sortira le 25 novembre. Un album plus personnel que le précédent, mais toujours marqué par la voix et la guitare du jeune auteur-compositeur-interprète français qui a raflé la Victoire de la musique de l’artiste masculin cette année.

Vous sortez déjà un deuxième album alors que vous venez de finir la tournée marathon qui a accompagné la sortie du premier. Comment faites-vous pour aller si vite ?

"Ça peut paraître rapide, mais pour moi ça ne l’est pas tant que ça. Je n’ai pas cessé d’écrire depuis la sortie d’ Idées Blanches et je n’ai jamais pris plus d’une semaine de vacances depuis deux ans. Dès que je le pouvais, j’écrivais des chansons, dans le bus de la tournée ou dans les loges. Chaque jour off, j’allais en Bretagne et j’enregistrais dans mon salon. Très vite, j’ai eu l’idée que je me faisais de l’album à venir. Je le voulais très organique et épuré, avec une place particulière pour la guitare et la voix."

De quoi parle ce nouvel album ?

"La démarche d’écriture est identique au précédent, même si ce deuxième album est plus personnel. Je raconte des choses de ma vie. Je pars de sujets peut-être obscurs, mais je les tire vers la lumière. Je parle de moments difficiles parce qu’il y en a eu un, une rupture après le premier disque. Mais je m’en suis très bien remis grâce à mon entourage et à ce qui m’arrivait. En fait, je n’ai jamais cessé d’être le plus heureux du monde."

La guitare est à nouveau omniprésente sur ce disque. D’où vous vient l’amour de cet instrument ?

"Ça remonte à ce que mon père me faisait écouter quand j’étais tout petit : Maxime Le Forestier et Dick Annegarn. Je me suis beaucoup inspiré de la liberté de Dick Annegarn et de sa façon d’assumer sa voix si particulière ! J’étais aussi amoureux du son de guitare de Damien Rice. Ben Howard, Neil Young, Rickie Lee Jones et Joni Mitchell sont aussi mes modèles. Au niveau des textes, ceux qui m’ont vraiment touché s’appellent Le Forestier, Barbara, etc. Les textes me plaisent tout autant que la guitare, c’est pourquoi j’aime mélanger les deux influences."

Allez-vous remonter sur scène tout de suite ?

"Une tournée est prévue début 2017. Ça restera un guitare-voix parce que j’aime ce format. En revanche, là où nous étions quatre ou cinq sur la tournée précédente, nous serons désormais douze. Ca paraît beaucoup pour un guitare-voix mais c’est parce qu’on ajoute de la vidéo et une scénographie plus travaillée que sur la première tournée. Ce sera totalement différent puisqu’on fera des Zénith. Je n’y suis pas habitué, mais ça m’excite énormément."

À La Madeleine, à Bruxelles, le jeudi 27 avril 2017. Tickets : www.ticketmaster.be ou 070 660 601.