Victoire de la Musique: Noir désir secoue le cocotier

Musique

Eddy Przybylski

Publié le

Victoire de la Musique: <i>Noir désir</i> secoue le cocotier
© B. Neyman
En une chanson, aux Victoires de la Musique, la star américaine aux cinq Grammy Awards a imposé sa classe

PARIS Au moins, l'horaire a été respecté! Les programmes télé annonçaient la fin de la cérémonie des Victoires de la Musique pour 1heure du matin. Quant à savoir combien de téléspectateurs héroïques auront tenu jusqu'au bout, c'est une autre histoire. Il fallait être motivé! Le malheur, c'est qu'en dehors du sacre prévisible (puisqu'il gagne à chaque sortie d'album) de Laurent Voulzy, album de l'année, les autres catégories reines ont été gardées pour la fin.
Il a donc fallu supporter les impolitesses du groupe rap Saïan Supa Crew qui avait été le héros de l'édition précédente mais qui, cette fois, a tenu le micro pendant quasiment un quart d'heure, ou le discours profondément blessant de Noir Désir, les fausses notes inouïes (si l'on peut dire) de Lorie ou de Dani, pour connaître un palmarès qui, sans être injuste, n'est pas extraordinairement brillant.
Garou et Lynda Lemay auraient, au moins, autant mérité les titres suprêmes que Gérald de Palmas ou Zazie. Mais il n'y a pas non plus de quoi crier au scandale.
Pareil pour le choix de la meilleure chanson où l'on pensait que Noir Désir semblait avoir la plus belle chance.
Alors oui, dans l'ensemble et malgré quelques efforts louables, cette cérémonie fut ennuyeuse à mourir et longue à n'en plus finir. Mais soyons juste, il y eut aussi de beaux moments. A commencer par la découverte de cette chanson quasiment prémonitoire qui ouvrira le nouvel album de Gilbert Bécaud par ces phrases: `Il faudra bien que ça arrive, je partirai...´ Sortie le 19 mars!

Agréable découverte aussi que celle de Benjamin Biolay, le frère de Coralie et qui travailla sur le dernier album de Henri Salvador. Il se lance à son tour dans le bain, avec un album concept intitulé Rose Kennedy.
Mais le grand vainqueur, la grande découverte de cette édition 2002 sera sans aucun doute celle qui, voici quinze jours, a raflé cinq grammy awards à Los Angeles: en une chanson, Alicia Keys a impressionné. Par son talent, par son charme, par son professionnalisme.
Au moins, les Victoires de la Musique amènent régulièrement des artistes encore peu connus. C'est grâce à cette émission où elle chanta, voici deux ans, ses Souliers verts que Lynda Lemay envahit le Vieux Continent. Maintenant, c'est au tour d'Alicia Keys à avoir posé un pied solide sur notre sol.

Quelques comptes à régler

L'émission fut aussi l'occasion de présenter deux des douze comédies musicales parisiennes de la rentrée. En l'occurrence, celles des deux pères de Notre-Dame de Paris, Richard Cocciante (pour le Petit Prince avec Daniel Lavoie) et Luc Plamondon (pour sa Cindy). Il faudra plus que cette cérémonie pour convaincre.
Zazie a profité de la soirée pour faire la promotion de la musicothérapie, une technique de soins à l'intention notamment de personnes souffrant de troubles de la communication. Saïan Supa Crew, dans un élan du type vas-y que je te provoque, a saisi l'occasion pour saluer les `copains incarcérés´. Yann Tiersen en a profité pour affirmer qu'il préférait jouer en concert que `devant le gratin ´. Et, dans la foulée, Noir Désir a dit tout le mal qu'il pensait du directeur de sa firme de disques: `Nous sommes tous sur la même planète, mais pas du même monde.´
Le groupe découverte, Aston Villa, au moins, aura l'intelligence de s'en prendre à son ex-directeur de maison de disques, pour dénoncer un des réels malheurs du show-business. Puisque cet homme fut nommé directeur d'une entreprise gérant des artistes parce qu'il avait été un excellent gestionnaire dans une entreprise vendant... des yaourts. Ils s'en prirent aussi aux artistes ayant réussi par la télévision `et qui font de la musique par opportunisme, pas par passion´. Là, il n'est pas sûr que la remarque soit exacte.

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