Depuis la sortie de son album The Golden Age en mars 2013, tout le monde en parle. Et encore plus depuis sa Victoire de la musique glanée dans la catégorie Révélation scène, vendredi dernier. Faut dire, le barbu français est un génial touche-à-tout. Du hip-hop à l’électro, le tout sur des airs philharmoniques, tout réussit à Yoann Lemoine. Et il l’a encore prouvé hier soir dans un Forest National pas complet mais bien fourni, après la Rotonde et le Cirque royal l’année passée. « En Belgique, il y a toujours quelque chose de spécial. Chaque fois qu’on vient, c’est une ambiance unique ».

Même s’il a du quelque peu «réveiller» ce public en peu endormi en début de concert, le lyonnais étonne autant qu’il captive. De son entrée sur une corne de brume, qui contraste avec ses jeux de lumières délirants, à son final sur Run Boy Run étiré par un public chantant « Ooooh » en n’en plus finir. Woodkid s’en est d’ailleurs presque arraché les cheveux, voir la barbe, de plaisir après avoir sauté sur le dos d’un de ses musicos. Tout son premier album y est passé, avec quelques surprises comme « la chanson qui parle de l’endroit où j’habite, Brooklyn », issue de son premier EP. Ou encore « un nouveau titre avec toutes les choses salaces qu’on a en nous ».

Sa force? Ses mélodies envoutantes (Ghost Lights, Iron, I Love You, Conquest of Spaces) mais surtout sa créativité tortueuse qui prend aux tripes. En musique (une section philharmonique bluffante) et en images (l’esthétique majestueuse de ses clips). Chez lui, au vu des images en noir et blanc projetées encore sur écran géant, le son et l’image sont définitivement étroitement liés et font partie intégrante de son univers si particulier. Beaucoup lui confère d’ailleurs un talent de réalisateur. Pour preuve, Woodkid est connu pour ses vidéos réalisées pour Katy Perry ou sa copine Lana Del Rey. Sa science visuelle en fait un artiste hors du commun. Entouré d’une quinzaine de musiciens, le bad boy à la voix de crooner a ainsi soigné sa prestation. Des percussions puissantes aux montées lyriques en passant par les envolées instrumentales de son orchestre, voilà le tiercé atypique qui symbolise toute la dimension classique de sa musique. De son art baroque. A 30 ans, le lyonnais au look hipster n’a donc certainement pas fini de faire parler de lui. On devrait recroiser Yoann Lemoine en festival cet été.