Eh bien oui! Le show de Yannick Noah est réellement fabuleux

BRUXELLES En troisième rappel, fidèle à ses rythmes africains, Yannick Noah revint harnaché d'un grand tambour. Ses six musiciens et ses trois choristes aussi. Ce fut alors un petit jeu amusant où, sur les rythmiques, il faisait chanter le public. Tous ces artistes réunis s'en allèrent en file indienne. La lumière de la salle ne se ralluma pas pour autant. Comme si quelque chose se préparait encore. Mais non, rien! Et au bout de quelques longues minutes, les spots s'éteignaient, les plafonds se rallumaient et le public du Cirque Royal, assez peu nombreux en vérité, prenait la direction de la sortie. Pour retrouver, à sa grande surprise, Yannick Noah, ses musiciens, qui semblaient s'amuser comme des enfants, et leurs tambours dans le hall d'entrée. Pas un seul bodyguard. En voilà un qui fait confiance à son public. Tout le monde entoura les musiciens. Et Yannick, en premier, prit la direction de la sortie. Il était tout juste 22 heures. Sur le trottoir, l'ex-star du tennis, reconvertie dans le reggae, était suivie de tout son public; elle fit le tour du quartier, à la grande surprise des automobilistes et des riverains qui se précipitaient aux fenêtres. C'était la fête dans le quartier! Une leçon d'amour! Avec un côté très émouvant.
Ce final inédit idée toute simple, en vérité; il suffisait d'y penser ponctuait un spectacle où tout était à l'avenant.
Bien sûr, quand on entre en show-business avec un nom comme celui de Yannick Noah, on a d'emblée les moyens de s'offrir les meilleurs musiciens, et un metteur en scène de grand format. Encore faut-il assurer! Yannick Noah le fait.
Certes, on ne lui demandera pas de chanter My Way. Il fait avec ce qu'il a. C'est-à-dire une voix marquée par un timbre intéressant, mais qui a ses limites. A lui d'exploiter les atouts de manière intelligente. Après tout, c'est ce qu'une Axelle Red fait chez les femmes.
Pour le reste, Yannick Noah est un très grand danseur, servi par cette formidable souplesse dont il a hérité de ses années sportives.
C'est vrai qu'il arrive avec deux petits succès et demi et qu'on peut craindre que deux heures de spectacle finissent par être lassantes. Ce n'est jamais le cas.
Après Les lionnes, il s'offre un numéro purement africain, où le public chante avec lui, où la chorégraphie atteint un sommet et où un de ses percussionnistes avance pour offrir un numéro rappé. Ambiance mille pour cent. Et tout de suite après, le contraste offre une ampleur nouvelle à Si mon papa Tara.