Young Chasers: "Nous ne sommes pas un Boys band"

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Interview > Pierre-Yves Paque

Publié le - Mis à jour le

Young Chasers: "Nous ne sommes pas un Boys band"
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Comparés aux Strokes ou aux Libertines, les natifs de Liverpool ont sorti leur premier album, Young Chasers.

"C’est un album très rock’n’roll, affirme Kieran Shudall, le leader et chanteur du groupe - ils sont 4 membres au total - Circa Waves. Aucune pression pour ce premier disque, on y voyait plutôt un joli challenge après nos tournées découvertes en festivals."

En effet, les jeunes Anglais étaient notamment passés par les Ardentes en 2013, le 22 avril dernier par l’AB et seront cet été à Dour. "C’est excitant les festivals car on adore montrer ce qu’on fait à de nouveaux publics."

Young Chasers serait né d’une frustration et d’une certaine nostalgie ?

"Exact. L’album parle de cette période de votre vie où vous n’êtes pas vraiment sûr de ce qui se passe. Vous ne savez pas réellement ce que vous voulez faire, etc. Toutes nos chansons ont été écrites entre notre adolescence et le début de la vingtaine et évoquent donc cette atmosphère. Cette frustration de mourir d’envie de faire ce métier doublée de cette irritation de ne pas arriver à nos fins, à évoluer dans des bands mais sans y parvenir. C’est un peu tout cela à la fois."

Malgré le fait d’avoir signé avec une major (Universal), vous semblez totalement libres dans votre travail.

"On n’a jamais dû faire de compromis avec qui que ce soit. Même si on travaille avec une major bien connue, on n’a jamais ressenti aucune pression à ce niveau-là pour écrire. On sait ce qu’on veut faire et on ne veut pas que quelqu’un nous mette des bâtons dans les roues."

Depuis votre succès grandissant, on vous compare aux Strokes ou aux Libertines. Circa Waves, le revival indie ?

"Au début, c’est absolument flatteur. Mais, à la longue, la flatterie peut aussi devenir ennuyante pour nous. On préfère dire que nous avons notre propre musique car on crée tout nous-mêmes. Cette comparaison est juste une petite partie de ce qu’on est. Or, on se base sur des inspirations en tous genres."

Vous êtes d’ailleurs issus de Liverpool, une région qui regorge de groupes de musique dits Guitars Bands, pourquoi ?

"Sans doute dû à sa réputation de ville dépressive (sourires). Ce qui participe à créer ce côté artistique. C’est un endroit très cheap à vivre, où on paye nos factures puis le reste du temps est là pour regarder le foot ou faire de la musique. Il n’y a pas grand-chose à faire à part traîner dans les bars. Aucun cynisme là derrière car on adore Liverpool !"

Proche de votre style, on retrouve les boys bands à guitares comme Les One Direction. Seraient-ils l’ultime mutation ?

"Nous ne sommes pas un boys band, même si on n’en est pas loin. Mais il ne faut pas confondre. Les labels surfent là-dessus car c’est plus vendeur. Nous, on refuse ce statut. O.K., les boys bands font partie du business, mais ce n’est pas le nôtre. Cela montre juste à quel point le public a besoin de musique de guitare. Mais c’est juste dommage, triste voire désespérant qu’eux ou 5 Seconds of Summer soient vus comme les icônes pop de demain…"



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