Membre des Enfoirés, Zazie pense que la troupe peut continuer sans meneur.

Quelques semaines après la finale de The Voice, la plus belle voix, Zazie repart pour de nouvelles aventures et se produira du 1er au 4 juin prochain au Cirque Royal de Bruxelles avec l’Heureux Tour. Un nom qui nous met déjà le sourire aux lèvres. Reflète-il l’état d’esprit dans lequel Zazie se trouve en ce moment précis ? L’artiste nous répond : "Être heureux, ce n’est pas la première à droite en sortant de l’autoroute. C’est quelque chose qui se décide et qu’on peut injecter au quotidien d’une façon assez facile. Plutôt que de se dire que c’était mieux avant et que ce sera pire après, on peut décider que la vie de tous les jours peut nous rendre heureux."

Ce nom fait référence à votre dernier album, Encore Heureux, dans lequel vous évoquez le couple, la rupture, etc. Ces textes sont-ils basés sur des expériences personnelles ?

"Le Je ne me représente pas toujours sinon je pense que je serais à l’asile depuis longtemps. (Rires) C’est une observation globale même si, évidemment, il y a des histoires plus personnelles. Dieu merci, je ne me pose pas ces questions au quotidien, sinon ce serait insupportable. Mais disons que l’espace de création qui consiste à écrire des choses part aussi d’une honnêteté par rapport à ce qu’on peut éprouver, voir, observer."

Vous êtes co-auteur de la comédie musicale Le Rouge et le Noir. Un projet qui vous tenait un cœur depuis longtemps ?

"Ce n’est pas un rêve qui se réalise mais juste un travail que je ne connaissais pas. C’est intéressant de pouvoir faire partie d’une expérience collective pareille, quand on a eu l’habitude d’évoluer dans un truc très individualiste. Je côtoie des gens qui travaillent dans le théâtre, mise en scène et scénographie. Ça me change un peu et je trouve ça intéressant. Depuis quelques années, la France avait un petit complexe au niveau des comédies musicales. On ne savait pas trop réussir ça. Puis, petit à petit, on a commencé à voir des gens qui savent faire ça très bien comme Dove Attia ou Albert Cohen. Cette émergence permet de faire travailler beaucoup de gens et ce n’est pas rien par les temps qui courent."

Que pensez-vous de la nouvelle génération de la chanson française ?

"Elle est très mature vocalement et techniquement. Sûrement beaucoup plus qu’on ne l’était il y a 20 ou 25 ans. Mais il y a quelque chose qui manque. Faire des chansons, c’est quelque chose d’assez personnel, introspectif, qui demande du temps et du travail. Le principal, c’est la matière car on est des artisans. Il y a d’ailleurs des gens qui font ça très bien. Je pense à Stromae, Christine and the Queens ou encore Vianney."

On a récemment appris que Jean-Jacques Goldman quittait les Enfoirés. Seriez-vous tentée de reprendre sa place ?

"Jean-Jacques est irremplaçable et je pense qu’il ne faut pas le remplacer pour le moment. Trouver quelqu’un qui puisse tous nous rassembler comme lui l’a fait sera très compliqué. Il a mis en place toutes sortes de choses qui permettent à la production de se débrouiller. Les Enfoirés, c’est une grosse machine qui roule. Puis, Jean-Jacques gardera toujours un œil sur la troupe, même s’il n’est plus là. Je ne peux que comprendre sa décision de partir car il a fait ça pendant trente ans et c’est énorme ! Il a fait un chemin magnifique pour Les Restos du cœur. Pour ma part, je ne pourrais pas accepter une telle fonction pour le moment car j’ai énormément de choses auxquelles me consacrer sur le côté. Donc, si on me le demandait, ce ne serait pas pour tout de suite…"Interview > Aurélie Parisi

---> Zazie - L’Heureux Tour : Les 1er, 2, 3 et 4 juin 2016 au Cirque Royal de Bruxelles. Infos au 02/218.20.15 ou sur www.c-live.be

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"Concilier les deux sera difficile"

En tournée jusqu’en décembre, Zazie pourrait ne pas faire partie des coaches de The Voice la saison prochaine.

Après deux saisons, Zazie devra peut-être mettre de côté son rôle de coach dans The Voice pour se consacrer à sa carrière perso et donc, à sa tournée, qui prendra fin en décembre. "Je ne vois pas trop comment faire pour concilier les deux. Donc, est-ce que je reviendrai dans The Voice à la rentrée ? Je dirais plutôt non au jour d’aujourd’hui. En général, la production laisse les gens un peu atterrir car au-delà du fait que c’est divertissant, ça demande aussi beaucoup d’énergie car on se prend au jeu aussi" , explique la chanteuse qui voit sa participation au télécrochet comme un enrichissement : "Ce n’est ni la mine, ni le charbon. Ce sont quand même des métiers assez réjouissants. D’ailleurs, c’est un métier ! Parfois, j’ai besoin de me le rappeler (rires) . Ces expériences peuvent être très différentes mais complémentaires. Je préfère évidemment être en tournée mais quand je suis à The Voice , je me sers de ce que j’ai appris en tournée. L’un nourrit l’autre."

Trouvez-vous que votre public a changé depuis votre participation à The Voice ?

"J’aimerais vous dire oui mais je n’ai pas remarqué ça. Il y a peut-être quelques personnes qui viennent plus en famille, avec des enfants, par exemple. Il est possible que ces familles-là viennent parce qu’elles m’ont découverte dans The Voice. Mais, je ne me suis pas mise à vendre plus de disques ou plus de places particulièrement."

Avez-vous des regrets quant aux choix de vos candidats de cette saison ?

"Non, aucun parce que ce ne sont pas des choix de juges mais des choix plus personnels. C’est un choix subjectif. Parfois, on tombe sur des candidats géniaux mais avec qui on sait qu’on ne pourra pas travailler. L’intérêt de cette émission est de voir aussi ce que les gens peuvent en tirer eux, de manière personnelle. Il y a tout un tas de facteurs qui dictent nos choix."

Que pensez-vous du gagnant de cette saison, Slimane ?

"Je pense qu’il était prêt. Il n’en est pas à sa première émission. Il a une voix très émouvante. On s’est tous battu pour l’avoir dans notre équipe ! (Rires) Il a une singularité et une maturité. Il n’a pas du tout volé sa place de gagnant."