Le nom de Zizi Jeanmaire ne provoquait peut-être plus que des points d’interrogations dans les yeux des moins de 60 ans, il fut pourtant un temps où elle faisait tourner les têtes de tous ces messieurs avec son “Truc en plumes” : “Plumes de zoiseaux, de z’animaux/Mon truc en plumes, C’est très malin/Rien dans les mains, tout dans l’coup d’reins.” Muse et épouse du grand chorégraphe Roland Petit qu’elle avait rencontrée à l’âge de 9 ans, elle est décédée à 96 ans a annoncé ce vendredi sa fille Valentine Petit : “Ma maman s’est éteinte paisiblement cette nuit à son domicile de Tolochenaz dans le canton de Vaud (en Suisse, NdlR.)”.

Zizi Jeanmaire, c’était une silhouette aux jambes gainées de noir, une coupe à la garçonne et des yeux qui, de l’avis de ceux qui ont croisé son regard, avaient de quoi faire perdre la tête. À 19 ans, le Petit rat à l’Opéra de Paris qu’était Renée Marcelle Jeanmaire claque la porte de l’Opéra Garnier. “J’ai démissionné un peu sur un coup de tête, expliquait-elle, parce que j’étais arrivée troisième à un examen alors que je pensais être première”. Après un passage par les Ballets de Monte Carlo, elle a rejoint les Ballets des Champs-Élysées créés en 1945 par Roland Petit avant de partir à l’aventure en sillonnant le monde et se faire un nom de Paris à Hollywood en passant par Londres et Broadway, en triomphant sur les planches des théâtres, dans des revues, des spectacles de music-hall, des ballets et en s’essayant même au cinéma.

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Les plus grands se sont mis à son service. C’est le cas de Serge Gainsbourg, de Barbara, de Guy Béart et de Raymond Queneau qui ont écrit pour elle, tandis qu’Yves Saint Laurent l’a habillée pendant des décennies et Rudolf Noureev a partagé la scène avec elle dans Le jeune homme et la mort.

Dans les années 80, elle continuait à se produire à 75 ans passés avant d’être contrainte à la retraite en raison de sévères problèmes d’audition.