Leonardo au cœur d’une coproduction ambitieuse

C’est l’Irlandais Aidan Turner qui tient les pinceaux dans cette série qui prend quelques libertés avec l’histoire. A découvrir ce lundi, sur France 2, à 21.10.

Leonardo au cœur d’une coproduction ambitieuse
©FTV

Si des chiffres astronomiques ne font pas forcément une bonne série, dans le cas de Leonardo, à découvrir ce lundi soir sur France 2, ils sont pourtant révélateurs de l'ambition des producteurs. Le tournage de huit épisodes aura mobilisé 3000 personnes pendant plus de 2000 heures. Il aura fallu cinq mois pour que sortent de terre les décors – 20.000 mètres carrés – reconstituant Milan et Florence, dans les studios de Lux Vide à Formello. Et ce ne sont pas moins que 2500 costumes, reconstitués dans leurs moindres détails, qui sont sortis des meilleurs ateliers.

Tout ceci se voit-il à l’écran ? Oui, dix fois oui. Mais sans ostentation et, serait-on tenté d’écrire, sans ces regrettables faux pas qui invitent, trop souvent dans les séries d’époque, des objets qui n’auraient rien à faire là.

Déjà diffusée en Italie – où elle a fait un malheur – cette reconstitution en huit épisodes propose, en plus, la belle idée de découvrir huit œuvres majeures du peintre le plus connu au monde. Elle aurait, toutefois, dû être diffusée plus tôt, à l’occasion du 500e anniversaire de la mort de l’artiste – le 2 mai 1519 à Amboise, en France – mais un vilain virus est passé par là et c’est toute la production qui s’est mise temporairement à l’arrêt.

Produite par Lux Vide, avec RAI Fiction et Big Light Productions, cette superproduction internationale (aussi dans son casting) "s'inscrit dans la stratégie d'alliances suivie par France Télévisions depuis 2018 pour enrichir la programmation de notre service public national avec des coproductions de séries européennes ambitieuses dans leurs moyens, leurs narrations, leurs talents associés", souligne-t-on du côté de France 2.

Fiction versus réalité

Leonardo au cœur d’une coproduction ambitieuse
©FTV

De l'ambition, on l'a dit, Leonardo n'en manque pas. Là où le bât blesse (un peu) c'est dans les faits historiques qui sont tissés tellement serrés avec ceux qui sont nés dans l'imagination des scénaristes, que l'on peut craindre que le téléspectateur lambda prenne tout ceci pour parole d'évangile. Ainsi, l'autre personnage central de la série est une certaine Caterina da Cremona, sa muse et son âme sœur, que le peintre aurait empoisonnée. Tout commence d'ailleurs dans une cellule où il est interrogé par Stefano Giraldi (Freddie Highmore, co-producteur qui s'est offert un rôle), lequel ne croit pas en la culpabilité de l'artiste. Las ! Caterina da Cremona n'a jamais existé : les scénaristes se sont inspirés de croquis de La Testa di Fanciulla pour lui donner vie. Et si Leonard de Vinci a bien passé du temps en prison, c'est pour sodomie, en 1476.

Flanqué de son plus qu’assistant Salai, la vie sexuelle du peintre n’est que survolée, même si l’on déduit que la cohabitation des deux hommes n’était pas qu’artistique.

Pour le reste, l’interprétation d’Aidan Turner, tout en retenue, souvent contemplatif, absorbé par son art jusqu’à en perdre le sens des réalités, est, elle, plutôt convaincante. De même que les rebondissements (car il s’agit, quand même, de dénouer les fils d’une affaire policière) amenés par les divers protagonistes qu’il croise au long des huit épisodes.

Co-production européenne oblige, on voit défiler différentes nationalités. Leonardo est donc incarné par un Irlandais, son père par le Français Robin Renucci et le redoutable Ludovico Sforza prend, lui, les traits du Britannique James d’Arcy.

Les fans des séries Baron Noir et Je te promets (en cours de diffusion) seront, enfin, ravis de voir, même furtivement (uniquement dans l'épisode 3) le Français Hugo Becker, lequel incarne Thierry, un jeune acteur venu de France, beau, talentueux et sûr de lui.

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