Carrie et l’ennemi(e) intérieur(e): diffusée sur Be tv depuis le 10 février, la huitième saison de Homeland est aussi la dernière. Inspirée d’une série israélienne, elle a défini de nouveaux standards télévisuels.

Fin de parcours pour la plus célèbre (ex-) agent de la CIA de l’histoire des séries télévisées. Au terme de cette ultime saison (la huitième, pour ceux qui auraient perdu le fil) Carrie Mathison (Claire Danes) découvrira peut-être enfin qui est l’ennemi tapi dans l’ombre qui tente de détruire les États-Unis de l’intérieur…

Ce péril insidieux est le fil rouge de la série, lancée en 2011, qui a puisé son inspiration dans les récits des otages israéliens, libérés après de longues années en captivité, et dont l’État craignait qu’ils aient été "retournés" , devenant traîtres à leur propre nation.

Transposée à Washington par Howard Gordon et Alex Gansa, l’intrigue initiale d’ Hatufim a pris une tournure nettement moins intimiste et psychologique pour se concentrer sur les opérations américaines de contre-espionnage et d’antiterrorisme.

Deux ans après son septième volet, Homeland est de retour pour un ultime tour de piste (12 épisodes). États-Unis, Afghanistan, Pakistan, Allemagne, Russie, États-Unis et, à nouveau, Kaboul : la symétrie des dernières intrigues se lit jusque dans le théâtre des opérations.

Un ton et quelques errements

Dans cette ultime saison, Carrie, remise sur pied après ses troubles bipolaires aigus, repart en mission en Afghanistan où Saul voudrait qu’elle négocie avec les Talibans et où elle est, à nouveau, confrontée à son ancien ennemi.

Sortie des geôles russes, Carrie Mathison se retrouve un peu dans la situation de Nicholas Brody (Damian Lewis), l’homme qu’elle suspectait, en saison 1, d’être un agent double, qui fut son grand amour et le père de sa fille, Franny. Comme par un effet de boomerang, nombreux sont ceux qui questionnent sa fidélité et son patriotisme après ses sept mois passés en captivité en Russie. La saison 8 va également beaucoup tourner autour de la relation entretenue par Saul et Carrie au fil de toutes ces années.

Homeland a connu un parcours semblable à celui de 24 h chrono : une série haletante qui a marqué les esprits et son époque en définissant de nouveaux standards télévisuels mais qui s’est aussi auto-caricaturée et a fini parfois par perdre de son intérêt, même si elle retrouvait, au fil des intrigues et à travers certains personnages, son éclat et son panache. Reste à espérer que le grand final sera à la hauteur des attentes…

Lancée ce 9 février sur Showtime aux États-Unis, la saison 8 sera disponible dès le 10 février sur Be tv et Canal +.