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Au-delà de la hype, place au contenu : que vaut vraiment le retour tant attendu de Game Of Thrones, 596 jours après la conclusion dantesque de la saison 7 ? Attention, spoiler alert, fuyez si vous n'êtes pas à jour dans la série !

Un an, sept mois et 19 jours. L'attente entre le dernier épisode de la saison 7 de Game of Thrones (accessoirement le plus long de l'histoire de la série, avec une durée "filmesque" d'une heure et 19 minutes) et le premier épisode de l'ultime saison huit (qui en sera aussi le plus court), diffusée dans le courant de la nuit de dimanche à lundi, est enfin terminée. 

Comme on pouvait le craindre, cette saison huit démarre en douceur. Il s'agit d'un épisode transitoire, situationnel et un peu verbeux, où il est question de replanter les enjeux à court et long-terme qui attendent les Stark, les Targaryen, les Greyjoy, les Lannister et autres clans influents de Westeros.

Jon Snow et Daenerys, ensemble à Winterfell


Pour les Stark, cet épisode est celui de la réunification : Bran, Arya, Sansa et Jon Snow, ensemble  derrière les remparts enneigés de Winterfell, voilà une perspective qui semblait irréalisable il y a quelques saisons encore. Pour autant, tout n'est pas rose : fier et un peu bourru, le Nordien n'accorde pas sa confiance à la va-vite... Daenerys Targaryen l'apprend à ses dépens, et Jon Snow se le remémore très nettement devant la froideur de l'accueil réservé à l'imbrûlée... 

Sansa Stark, "Lady Of Winterfell", a d'ailleurs personnellement du mal à accrocher avec Daenerys, en dépit de l'armée de Dothrakis/d'Immaculés et des deux Dragons qu'elle convie à la bataille contre les marcheurs blancs. Pendant ce temps, les bannerets fidèles au Winterfell continuent à gagner la place forte des Stark, où les réserves de victuailles (c'est l'hiver, faut-il le redire ?)

L'épisode poursuit à creuser le sillon que la fin de la saison 7 de Game of Thrones avait entamé : celui de la relation amoureuse entre Jon et Daenerys. Une scène aérienne, à vol de dragon (aux effets d'ailleurs un peu douteux), se concluant devant les chutes glacées du Nord, illustre à merveille ce crescendo. Plombé par LA révélation de l'épisode, qui n'est pas faite au téléspectateur à jour (qui est déjà au courant) mais bien à Jon Snow lui-même : il n'a rien d'un bâtard mais est le fils de Lyanna Stark et de Rhaegar Targaryen. Ce qui fait de lui l'héritier légitime du Trône de Fer, devant Daenerys, qui n'est autre que sa tantine. Forcément estomaqué par cette annonce, Jon se trouve confronté à une réplique parfaite de son vieux pote Sam Tarly : "tu as abandonné ta couronne de Roi et plié le genou pour ton peuple. Sera-t-elle capable d'en faire autant ?"


Un épisode patapouf, bien en-deça du génie GoT


Le limier, la Montagne, le forgeron Gendry, Bronn (à qui Cersei confie une mission qui atteste définitivement de son coeur de pierre) : cet épisode permet également de remettre en évidence des personnages un peu délaissés - scénaristiquement - dernièrement. En revanche, le Night King et les marcheurs blancs n'y sont qu'évoqués, jamais montrés. Il redonne aussi à Theon Greyjoy et Jamie Lannister (la confrontation avec Bran, en regards uniquement, est intense) une aura plus noble, de par la justesse des choix qu'ils posent au terme de ces 43 minutes clairement en-dessous de ce que Game of Thrones est capable de faire. Classicisme narratif, zeste de fan-service, action en retrait, dialogues sans vrai relief (si ce n'est les scènes impliquant Tyrion) : cet épisode n'est qu'une pierre d'achoppement pour nous mener au dénouement qui s'annonce épique de la saga. Une pierre sur laquelle les créateurs ont légèrement trébuché, mais ce n'est que le début de la fin d'une grande histoire, et si elle répond aux attentes, on leur pardonnera bien vite ce S08E01 un peu patapouf.