Dans le monde médiatique, les grands gagnants de la crise du covid, ce sont assurément les plateformes des streaming, qui battent des records d'abonnement et de recettes. Enfin, presque toutes. Il y a toujours une exception pour confirmer la règle et elle s'appelle Quibi.

Voici six mois, Jeffrey Katzenberg et Meg Whitman lançaient un concept destiné à révolutionner nos habitudes de vision. Partant du principe que nous avons toujours moins de temps pour les loisirs et qu'on visionne des séries dans les transports en commun, par exemple, ils avaient lancé le concept de films ou d'épisodes de dix minutes maximum. Soutenus par la plupart des géants d'Hollywood (Disney, NBCUniversal, Viacom, Sony Pictures Entertainment, WarnerMedia, Lionsgate, MGM, ITV, Entertainment One), ils étaient persuadés de coller au plus près des nouvelles habitudes des spectateurs et de préfigurer l'avenir.

Le futur dira s'ils avaient raison. Mais le présent leur donne tort. Le public ne les suit pas. Alors que Disney+ a attiré 60 millions de souscripteurs en six mois et que Netflix réalise une année record avec 28 millions de fidèles supplémentaires depuis le début de l'année, Quibi a séduite seulement 1,6 million d'abonnés, contre 7,4 prévus au budget. L'échec est patent. Et fait très mal financièrement, puisque deux milliards de dollars ont été investis dans la société.

Les fondateurs ont donc décidé de jeter l'éponge. "Nous avons le sentiment d'avoir épuisé toutes nos options, ont-ils écrit dans une lettre destiné à leur équipe et aux investisseurs. En conséquence, bien que nous disposons de suffisamment de fonds pour fonctionner encore un moment, nous avons pris la décision, à contrecœur, de fermer notre business, de rendre l'argent aux actionnaires et de dire au revoir à nos collègues avec élégance. Nous continuons de penser qu'il y a un marché attractif pour les contenus de courte durée. Nous allons travailler d'arrache-pied dans les prochains mois pour trouver des acheteurs pour ces atouts."

Ce n'est sans doute que le premier combattant à tomber les armes dans la guerre des plateformes de streaming qui fait rage actuellement. Face à Disney+ et Netflix, pas sûr qu'il y aura de la place pour tous le monde sur nos écrans à l'avenir, les portefeuilles des clients étant rarement extensibles.