Avec WandaVision, Marvel avait choisi de surprendre, voire de dérouter en rendant hommage aux feuilletons des années 60. Pour The Falcon and the Winter Soldier, le ton est totalement différent. Ici, Kevin Feige et son équipe ont décidé de revenir aux racines mêmes de ce qui fait le succès des super-héros, à savoir du grand spectacle et des protagonistes, censés sauver le monde, en proie à de sérieux problèmes personnels. Le tout saupoudré d’un humour grinçant, ce qui devrait rassurer bien des fans et assurer le succès de ce nouveau programme sur Disney+.

Entre le Snap (le claquement de doigt de Thanos qui a fait disparaître la moitié de l’humanité) et le Blip (le même geste de Hulk ramenant à la vie les disparus, dont Falcon et le Soldat de l’Hiver), cinq ans se sont déroulés. Et le monde a complètement changé. Le vieux Bucky Barnes, désormais rendu à la vie civile, souffre de stress post-traumatique mais ne parvient pas à évoquer ses cauchemars récurrents avec sa psy, de plus en plus exaspérée par son attitude. Sam Wilson, pour sa part, enfile toujours le costume de Falcon pour mener des missions impossibles pour le compte de l’armée. Mais chez lui aussi, quelque chose est cassé. Le bouclier de Captain America, dont il a hérité, lui semble trop lourd : l’arborer fièrement lui donnerait un peu l’impression d’être un imposteur. Or, comme le disent les autorités, de nouvelles menaces planent, et le monde à besoin de nouveaux héros. Et l’étoile des Avengers a pâli.

Sam s’en rend compte en tentant de sauver l’entreprise de pêche familiale, désormais gérée seule par sa sœur. S’il n’a rien gagné pendant cinq ans (forcément…), son aura et son sacrifice pour le pays lui permettront, il en est convaincu, d’obtenir un prêt avantageux. Mais être un super-héros ne suffit plus : seuls les chiffres intéressent son banquier.

Et pendant que les Avengers pansent leurs plaies morales et psychologiques, les Flag-Smashers, eux, pillent, tuent et sèment le chaos sur le territoire.

A tout point de vue, ce premier épisode tient donc ses promesses. Avec, d’entrée de jeu, une scène d’action aérienne digne d’un blockbuster. On ne suivra peut-être pas Kevin Feige lorsqu’il prétend que c’est la meilleure jamais tournée, mais elle assure et contient quelques jolies prouesses au niveau des cascades, de la mise en scène et des effets spéciaux. Car, pour le coup, on a vraiment l’impression de voler aux côtés du Falcon sous le feu nourri des balles.

Ensuite, cela se calme. A travers une séance de psy cynique pour Bucky ou une réunion familiale plutôt tendue pour Sam en raison de la crise économique, tout est fait pour essayer de nous impliquer humainement, de nous faire ressentir de l’empathie par deux super-héros bien plus à l’aise lorsqu’il s’agit de combattre de puissants ennemis que pour résoudre les problèmes du quotidien. En décalage avec leur époque, Sam et Bucky veulent toujours incarner les valeurs de l'Amérique triomphante, faire bonne figure en public alors qu'ils ne comprennent pas nécessairement comment la société a évolué.

Il serait imprudent de tirer des conclusions d’un seul volet. Mais sur base de ce qui est montré, The Falcon and the Winter Soldier semble promis à des développements spectaculaires et intéressants tout au long des six épisodes.