Imaginez un monde où votre vie privée et votre vie professionnelle étaient scindées. A 17h après le boulot, vous déconnectez complètement, ne pensez plus à consulter vos mails, ni à la remarque faite pas votre patron, encore moins à la réunion du lendemain. Imaginez aussi une journée au bureau sans jamais consulter sa montre pour savoir quand aller chercher les enfants à l'école, où tous vos problèmes personnels n'affectent en rien votre productivité ni votre concentration. Ce monde, c'est celui de "Severance", série à part disponible sur Apple TV+ depuis février.

Le principe est simple, mais très déroutant: des employés d'une société, appelée Lumon Industries, ont accepté de subir une "dissociation", qui consiste à leur injecter une puce qui sépare leur mémoire. D'un côté, aucun souvenir du privé quand ils franchissent la porte du bureau. De l'autre, une vie sociale sans le moindre souvenir de sa journée de travail. On y suit Mark, interprété par Adam Scott, fidèle employé de Lumon qui y voit là la possibilité de fuir le drame de sa vie (la perte de son épouse), au moins pendant quelques heures par jour. Mais ses acquis vont peu à peu être remis en cause par l'arrivée de Helly (Britt Lower), dont l'acclimatation ne se passe pas tout à fait comme prévu.

Portée par un casting XXL (outre Adam Scott, Patricia Arquette, Christopher Walken ou encore John Turturro sont également à l'écran), "Severance" ressemble à une satire de notre société capitaliste, dans un univers dystopique et minimaliste aux airs de "Black Mirror". Elle distille un peu d'humour, laisse souvent la place au malaise, entretient le mystère et fait aussi monter le suspense tout au long des 9 épisodes. Une oeuvre à part. 

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Même le maître Stephen King approuve

Une réussite qui a d'ailleurs trouvé son public, et même réussi à peu à peu mettre Apple TV+ sur la carte du streaming, où il n'est pas simple de se faire une place face à Netflix, Disney + ou Amazon Prime. A tel point qu'Apple a déjà annoncé qu'une deuxième saison était dans les tuyaux. Une bonne nouvelle pour ceux qui ne se sont pas encore remis du dernier épisode haletant. C'est d'ailleurs le cas d'un certain Stephen King. "Severance est tellement bon, le final est trop choquant. Dieu merci Apple a donné le feu vert à une deuxième saison", a commenté le maître de l'horreur sur les réseaux sociaux. 

On s'en voudrait aussi de ne pas mentionner le générique d'intro de la série, véritable petit bijou d'ingéniosité. Bref, un ovni télévisuel qui s'impose déjà comme l'une des séries de l'année.