Unis sur scène et dans la vie

Propos recueillis par Frédéric Seront
Unis sur scène et dans la vie
©SABLON

Maria del Rio et Damien Gillard, qui se marieront en juin, joueront ensemble au théâtre dès le 29 mars

BRUXELLES Des gestes tendres, des sourires complices, des regards qui en disent plus que tous les mots... Lorsqu'on voit la complicité qui les unit, on comprend très vite à quel point ces deux-là sont amoureux. Début juin, Maria del Rio dira oui pour la vie à Damien Gillard, le comédien de son coeur, que l'on connaît notamment grâce à son spectacle Les virtuoses. Mais, avant cela, ils seront ensemble sur la scène du théâtre des Galeries pour jouer L'amour est enfant de salaud, une pièce aux allures de boulevard teintée d'ironie et de cruauté. À quelques jours de la première, nos tourtereaux nous ont reçus chez eux, dans leur maison à Uccle.

Comment vous êtes-vous rencontrés?

Maria: «On se connaissait en fait depuis 12 ans. Il y a immédiatement eu entre nous une grande complicité. Mais ça n'allait pas plus loin. Il n'y avait pas le moindre sous-entendu. Puis, il y a trois ans, on était tous les deux célibataires et on s'est découvert quelque chose de plus que l'amitié. Avec d'ailleurs au début la trouille de gâcher ce qui existait entre nous. Mais l'amour n'a pas éclipsé notre complicité. Au contraire.»

Quelles sont les qualités et les défauts de chacun?

Damien: «Pour moi, Maria a les trois qualités de la femme parfaite: elle est très belle, très drôle et très intelligente. C'est aussi quelqu'un de très ouvert. Elle est toujours partante pour plein de trucs. Pour les défauts, elle est un peu tête de mule, mais moi aussi. Et puis, elle a toujours de petits bobos partout. Mais ce n'est pas grand-chose.»

Maria : «Ce qui me séduit chez Damien, c'est le fait qu'il est extrêmement intègre et droit. Il ne va jamais laisser pourrir un non-dit ou un conflit. Il va en parler directement. C'est aussi quelqu'un de drôle, d'attentionné... Quant aux défauts, il peut se laisser vite emporter. Il est extrêmement susceptible. Il faut parfois gérer la façon de dire les choses.»

Avec vos tempéraments, il n'y a jamais d'étincelles entre vous?

Maria : «Si, bien sûr. Comme le disait Damien, on est deux sacrées têtes de mule. Il y a donc parfois des flammes. Mais ça s'éteint rapidement.»

C'est facile de concilier la vie de couple avec le métier de comédien?

Damien : «Quand je vois mes copains qui sont dans d'autres métiers, qui se lèvent à 7 h du matin et rentrent à 7 h du soir, je me dis que c'est peut-être là que c'est plus difficile. Nous, on peut dormir le matin, organiser nos horaires. Évidemment, le soir, c'est parfois dur de quitter la maison pour aller jouer. On est tellement bien chez soi. Avec la trentaine, on est un peu dans notre période cocooning.»

C'est la troisième fois que vous allez jouer ensemble au théâtre. Le fait d'être un vrai couple dans la vie change beaucoup de choses?

Maria : «À partir du moment où on est avec les autres acteurs, on est deux comédiens à part entière. C'est super gai de travailler ensemble et de rentrer le soir avec la complicité de ce qui s'est passé dans la journée.»

Dans L'amour est enfant de salaud , vous formez un couple qui vole en éclats. Ce n'est pas trop dur?

Damien: «Le tout, c'est de ne pas laisser nos sentiments envahir la scène, d'éviter de verser dans un mélo où on mélange la vie et le théâtre.»

Maria : «C'est vrai que c'est assez troublant si on n'a pas la distance pour... En lisant L'amour est enfant de salaud, j'ai quand même trouvé un peu flippante l'idée de jouer cette pièce avec mon partenaire. J'interprète Nikki, une jeune femme qui rencontre après mille déboires celui qu'elle croit être l'homme de sa vie, Hamish, joué par Damien. Pendant qu'ils préparent leur maison, ils vont vivre chez la meilleure amie de Nikki, Barbara, jouée par Sandrine Bonjean, qui est tout l'inverse d'elle. Mais le destin va faire qu'une passion dévorante va se déclencher entre Barbara et Hamish. C'est une pièce qui se veut comique et très dure en même temps. On y retrouve aussi Benoît Van Dorslaer.»

Il n'y a jamais de jalousie quand on fait le même métier?

Damien : «Non. Et puis, on a la chance aussi de beaucoup travailler tous les deux. S'il y en avait un qui avait moins de boulot, je ne sais pas comment ça se passerait. Il serait sans doute malheureux, mais il ne serait pas jaloux ou envieux de l'autre.»

L'amour est enfant de salaud. Du 29 mars au 23 avril au Théâtre des Galeries. Rés.: 02/512.04.07.

© La Dernière Heure 2006

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