La descente aux enfers d'Amy Winehouse racontée par ses parents: "Sa dernière cuite l’a tuée"

À l’occasion du 10e anniversaire de la mort d’Amy Winehouse, sa mère, son père et ses amis proches révèlent dans un documentaire percutant leur vérité sur l’icône de la chanson, diffusé ce mardi à 22h50 sur La Trois (RTBF).

Amy Winehouse
©AP

"Ma plus grande peur ? Moi-même", répondait ainsi honnêtement Amy Winehouse, avec sa voix toujours aussi atypique, lors de l'une de ses dernières interviews filmées dans sa maison de Camdem Town, à Londres, en Grande-Bretagne.

Pour la première fois depuis sa disparition le 23 juillet 2011, Janis, la mère d'Amy, s'exprime de manière approfondie sur sa fille dans ce documentaire Reclaiming Amy. "Je n'oublierai jamais ses derniers mots ; on s'est dit je t'aime. Je me souviendrai toujours de l'amour qu'elle me portait. Il est toujours là. C'était unique." Son but ? Célébrer la femme complexe, forte et incroyable qu'elle était. Et, surtout, raconter sa version des événements qui diffère de la version officielle. "Après sa mort, on nous a reproché de ne pas l'avoir aidée, d'avoir été, avec son père, complices de sa mort, de l'avoir tuée…", déplore Janis, atteinte de sclérose en plaques (une maladie qui menace de lui faire perdre les souvenirs de sa fille) dans Reclaiming Amy. Or, comme le précisent ses amies proches qui ont, elles aussi, une autre histoire à raconter, "il y a tellement de choses que les gens ignoraient sur Amy." Ces dernières - Catriona, Chantelle et Naomi - l'assurent : "La façon dont Amy a tourné n'a rien à voir avec son éducation." "Vous pensez connaître ma fille, les drogues, l'addiction et les relations destructrices (son idylle avec Blake, NdlR.) mais elle était bien plus que cela, confie, les larmes aux yeux, Janis. Elle vibrait sur une fréquence totalement différente des autres."

Un témoignage poignant d'une mère meurtrie par la perte de sa fille et qui n'a rien su faire pour l'en empêcher à cause de sa maladie. "Je voyais ma fille disparaître… et je ne pouvais qu'y assister et attendre. C'était horrible." Suite à son immobilisation, la figure parentale publique de Janis a donc été remplacée par celle du père, Mitchell avec lequel elle avait divorcé lorsqu'Amy avait 10 ans. Mais leurs relations étaient toujours très proches. Pour le bien et ensuite la carrière de la superstar britannique. Chanteur mais surtout chauffeur de taxi, Mitchell est tombé dans une dépression nerveuse suite au documentaire "presque caricatural" 'Amy', sorti peu de temps après la mort de sa fille. Et l'accusant de tous les maux alors qu'il a été incapable d'écouter les CD's de sa protégée durant huit ans. "Faire son deuil, c'est déjà compliqué, confie celui qui s'est séparé de la maison de Camdem mais pas du tout premier appartement d'Amy. Mais lorsqu'il s'agit de sa fille et d'une personne publique qui plus est, c'était horrible !" On apprend d'ailleurs dans Reclaiming Amy, que la jeune fille n'avait pas si mal vécu le divorce de ses parents. Elle y voyait plutôt une forme de liberté pour elle, propice à son caractère de feu. "Il était dur d'imposer des limites à Amy, concède Janis. C'était une petite futée !" "Personne ne la contrôlait, Amy était la seule capitaine à bord", assure aussi Mitchell, qui n'avait non plus aucun pouvoir sur elle et dément le fait qu'il l'ait poussé à performer alors qu'elle était malade. "C'était la reine des abeilles", ajoute une amie. "C'était une lionne, rajoute une autre. Elle sortait ses griffes ou on avait des morsures quand on lui faisait une remarque. Elle était vulnérable mais pas fragile."

Après sa mort, ses proches ont enfermé la plupart de ses biens dans un entrepôt que Janis rouvre pour la première fois. Cet accès aux archives familiales inédites (performances musicales rares, intimes ou bulletins d'école) offre une nouvelle interprétation de sa vie (une santé mentale fragile et taboue), de ses amours (sa sexualité ambiguë) et de son héritage. "Elle voulait être célèbre et avoir du succès mais quand cela est arrivé (avec Back to Black en 2006, NdlR.), elle a paniqué, confie son amie proche. Tout a basculé à ce moment-là." Au-delà de la perte douloureuse de sa grand-mère au même moment et qu'elle s'est fait tatouer sur le bras, "elle n'aimait pas le revers de la médaille", renchérit Janis. La descente aux enfers a donc commencé là et la fin du documentaire en dit long sur ses démons. De la boulimie ("elle vomissait tout le temps, elle luttait contre ça mais elle s'en cachait car elle en avait honte"), à la drogue ("à peine un an") en passant par une véritable addiction à l'alcool. "Plus je me sens mal, plus je bois", confiait ainsi l'interprète de Rehab (cure de désintox en français dans le texte) qui voulait devenir maman. "Sa dépendance à l'alcool a finalement eu raison d'elle, souligne le papa, créateur de la fondation Amy Winehouse pour les gens qui souffrent des mêmes maux. On cherche toujours un coupable mais le seul coupable est sa dépendance. C'est sa dernière cuite qui l'a tuée." Et s'il concède avoir aimé "les feux de la rampe" que lui conférait sa fille (et avoir donc eu parfois la langue un peu longue sur leur relation avec les passagers de son taxi), Mitchell tient à conclure par ces mots. "Je déteste quand les gens disent que la mort d'Amy Winehouse est une vie gâchée. Elle a gagné 5 Grammy Awards quand même !"

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