La nature offre des spectacles extraordinaires pour qui s’aventure un peu et surpasse ses peurs. En Polynésie, dans la passe de l’atoll Fakarava, 700 requins gris se donnent rendez-vous annuellement et offrent un ballet fantastique. C’est le plus grand rassemblement du genre constaté à ce jour. Il a fait l’objet d’une étude très approfondie dont est tiré ce documentaire primé à de nombreuses reprises.

L’équipe scientifique et de tournage n’a pas fait dans le détail pour percer les mystères de ce gigantesque festin de squales découvert par hasard en 2014 à l’occasion d’une autre expédition dédiée, celle-ci, aux mérous.

Pendant trois années, Laurent Ballesta et ses coéquipiers se sont entraînés à maîtriser leurs craintes pour se glisser au sein de cette meute d’affamés afin d’étudier de l’intérieur ses techniques de chasse, la concurrence à laquelle se livrent les individus ou les coopérations qu’ils sont à même d’élaborer pour parvenir à leurs fins. Ils ont réussi à équiper une quarantaine de ces requins de puces électroniques permettant de tracer leurs déplacements et leurs comportements pendant les chasses nocturnes auxquelles ils s’adonnent.

Un rôle essentiel

Il en résulte des images à couper le souffle et des découvertes incroyables qui font voler en éclat les idées préconçues que l’on peut avoir sur ces prédateurs. Car les requins ne sont pas ce que l’imagerie populaire véhicule de nos jours. Loin de constituer une réelle menace pour l’homme, les attaques sont rares et celles qui s’avèrent mortelles se comptent annuellement sur les doigts d’une main.

C’est infiniment moins que les ravages provoqués par le très dérangeant mais finalement si sous-estimé moustique. De plus, les requins jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des océans et par là, celui de la planète tout entière. Tout en haut de la chaîne alimentaire, ils nettoient les vastes étendues aquatiques qui dominent la surface de la Terre. C’est pourquoi il convient de les préserver à tout prix.