La nouvelle émission présentée par Julie Denayer n’a pas décollé niveau audience.

292.613. Voilà le nombre de téléspectateurs qui ont suivi, ce mercredi soir, la première de Juge d’un jour, nouvelle émission présentée par Julie Denayer sur RTL-TVI. Un score moyen pour un programme que l’on aurait pensé plus fédérateur. Le public a peut-être été timide et se rattrapera la prochaine fois…

Juge d’un jour avait pourtant la recette parfaite pour rassembler les téléspectateurs : du judiciaire (domaine qui fonctionne très bien en télé aujourd’hui), des faits choquants et quelques larmes. Six personnes ont été amenées à se prononcer sur la peine d’un bijoutier, accusé d’avoir tué une personne étant venue braquer sa bijouterie et blessé son complice. Une affaire qui a fait les gros titres il y a de ça trois ans ... Ensemble, ces « juges d’un jour » ont visionné la reconstitution des faits, débattu et se sont, enfin, mis d’accord sur une peine sans avoir connaissance de la réelle décision rendue par la justice. Résultat : Après s’être prononcé, les six juges d’un jour apprennent que la justice a été plus clémente qu’eux en ce qui concerne la peine rendue.

Contactés par nos soins, plusieurs avocats pénalistes nous ont donné leur avis sur le concept de l’émission. Ici, les avis divergent. « Cela peut montrer aux gens qui participent au débat en tant que faux jurés que ce qui paraît simple au départ ne l’est pas forcément si on tient en compte le rôle de chaque personne et les nombreux détails. Certains se diront que rendre la justice n’est pas si facile que ça », explique Maitre de Beco, avocat de l’affaire Julie Van Espen. Me Sokol Vljahen semble être du même avis. « Ce concept me semble intéressant. Dans notre pratique quotidienne, les avocats pénalistes sont souvent pris à partie en reprochant à la justice de prononcer des peines parfois trop faibles , explique-t-il. Or, quand on connaît tous les tenants et aboutissants du dossier, on se rend compte que ce n’est pas si simple et que les juges acceptent de tenir compte dans leur décisions d’éléments qui seront inconnus du grand public pour permettre au client d’obtenir une peine plus faible ou des mesures de faveur. »

« La présence d’un avocat aurait toutefois été préférable , souligne, quant à lui, Me de Beco. Un avocat et un procureur peuvent être très utiles dans un procès d’assise parce qu’ils maîtrisent le dossier et peuvent attirer l’attention sur des choses auxquels les jurés n’auraient pas pensé. »

« Ca ne suffit plus à RTL-TVI de filmer la justice. Maintenant, il faut la faire jouer »

Pour Maître Colin, cette nouvelle émission est tout simplement « pathétique ». « Je trouve déplorable d’utiliser des affaires sérieuses où il y a des victimes pour faire du show », regrette-t-il. « Cette émission fausse un peu l’image que l’on se fait de la justice. On n’est pas, avant tout, dans une volonté d’information mais dans un objectif de buzz. Ca ne suffit plus à RTL-TVI de filmer la justice. Maintenant, il faut la faire jouer. »