“Je suis soulagée que la justice prenne au sérieux le danger du cyberharcèlement et qu’elle reconnaisse le racisme comme un délit et non une opinion et qu’elle le punisse”, nous a confié, à la sortie du tribunal correctionnel de Bruxelles, Cécile Djunga. Ce dernier a en effet condamné l’auteur de propos racistes incitant à la haine et à la violence à l’égard de l’animatrice télé. Le coupable est également condamné à une amende pénale de 1.600 euros et à verser des dommages et intérêts de 500 euros à l’animatrice, ainsi qu’à la RTBF et à Unia, l’organe public de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances. Pour rappel, l’auteur des propos avait tenu un discours insultant au sujet des origines africaines de la miss Météo, avant de terminer par dire : “si vous deviez subir une agression, espérons-la mortelle. Je ne dénoncerai pas l’agresseur, je le féliciterai bien bas.”

“La peine de six mois de prison, on sait qu’il ne les fera pas. Mais s’il retourne dans des faits similaires, ça basculera pour de la prison ferme, se rassure Cécile Djunga. Il est aussi davantage dans le viseur de la police avec un casier judiciaire donc ce jugement va laisser des traces.” 

Et d’ajouter que “ce genre de comportement ne va pas disparaître du jour au lendemain mais c’est toujours un pas supplémentaire vers la tolérance et le respect auquel on a tous droit.” 

Le juge a aussi tenu compte du “mépris total pour autrui”, de la “violence des écrits”, de l’“absence totale de remise en question” de l’auteur qui avait même affirmé n’avoir aucun regret en précisant qu’il serait même plus virulent à l’avenir. “Je suis assez désemparée face à cette personne, nous confesse celle qui en a fait des cauchemars. J’espère que cela en découragera d’autres et que cette démarche donnera force à toutes les victimes. Il faut savoir sortir du silence et il faut reconnaître que ce sont des micro-agressions qui ont un impact physique et psychologies.” 

Et de préciser que ce genre de procès “laisse des séquelles car on se frotte à de la haine. Passer du virtuel au réel, c’est violent. Voir une attitude désinvolte devant soi, c’est un peu décourageant mais il ne faut pas lâcher. Ce procès m’aura rendue encore plus combative, aimante et humaine”. 

Enfin, comme le prévenu n’était pas présent lors du verdict, ce dernier peut encore faire appel ou opposition du jugement. “Et c’est ce qui risque de se passer, déplore Cécile Djunga qui préfère ne pas y penser mais est consciente que tout n’est pas fini. On est dans un pays où la justice est très complexe. Le juge a toutefois aussi reconnu qu’il était inquiétant et qu’ils vont donc faire le nécessaire.”