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Alors qu'il est attendu ce soir chez Cyril Hanouna, dans "Balance Ton Post", semblant bénéficier d'une étrange immunité médiatique, La Dernière Heure a pu consulter l’ensemble des abjections xénophobes, négationnistes et sexistes que le jeune Moix a publié dans "Ushoahia". Nous n'en publions qu'une infime partie, accablante. Âmes sensibles, s'abstenir.

Ce soir, Yann Moix fait son come-back médiatique dans l’émission de Cyril Hanouna Balance ton post . Pour rappel, fin août dernier, L’Express révélait les dessins et textes antisémites et négationnistes du jeune Yann Moix. Au même moment où ce dernier raconte son enfance "meurtrie" dans son roman Orléans (Grasset).

Résultat : double polémique. Non seulement Moix a écrit des horreurs étant jeune mais selon son frère cadet, Alexandre, il mentirait sur son enfance. Après une interview très complaisante et peu documentée réalisée par Laurent Ruquier et deux chroniqueurs sur France2, Yann Moix interrompt la promo de son livre et part se reposer à Tanger (Maroc). Dans l'intervalle, Bernard-Henri Lévy, ami de Yann Moix qui l’a lancé en littérature, déclare le "pardonner".

L'entièreté des crasses moixiennes

La presse française n'a publié qu’une infime partie d’ "Ushohaia", journal amateur paru en 1989/1990, signé par Yann Moix. Scoop : la Dernière Heure a, en ce mois de novembre, pu consulter l’ensemble des abjections xénophobes, négationnistes et sexistes du jeune Moix. Et c’est encore pire que ce qu’on pensait : vomitif au dernier degré.

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Nous ne publions, pour d'évidentes raisons, qu'une infîme partie des archives récupérées. Et posons ouvertement la question, en dépit de l'indéniable liberté d'expression : est-il normal que Yann Moix ait encore droit de cité après avoir commis de tels dessins, écrit de tels textes ?
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Est-il encore pertinent d’inviter Yann Moix ?

Souvenons-nous de l’affaire Mehdi Meklat. Ce blogueur et écrivain français a fait l’objet d’une polémique en 2017 lors qu’on découvre qu’il a notamment diffusé des tweets, sous pseudo, ouvertement racistes, misogynes et homophobes. Indigné, Bernard-Henri Lévy part à l’offensive en condamnant le chroniqueur malgré ses excuses publiques. Depuis, Meklat est boycotté par les médias. On ne l'invite plus. Quid aujourd’hui de Yann Moix ? Qu’est-ce qui explique que Cyril Hanouna l’invite ce soir dans son émission ? Pourquoi BHL continue-t-il à le protéger ? En effet, il s'agit de s'interroger sainement face à ce deux poids, deux mesures manifeste. Pourquoi Yann Moix peut-il encore s’exprimer dans les médias quand d’autres personnages à l’origine de propos haineux sont totalement évincés du paysage médiatique ? C’est d’autant plus criant à la lecture des trois numéros d’ "Ushohia" : peut-on réellement pardonner à l’écrivain son fiel anti-juifs, anti-noirs, anti-femmes, anti-homosexuels et anti-handicapés ?

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Exemple d’un des dessins nauséabonds de Yann Moix : l’Abbé Pierre dessiné en train de subir une fellation par un enfant sous-alimenté éthiopien déclarant "Allez, petit. Allez, mange à ta faim". L’Éthiopie traversait une crise, une famine immense et Yann Moix trouvait cela "drôle". "L’abbé Pierre, la pin-up des pauvres", écrit-il au-dessus d’un dessin représentant l’Abbé nu. La négrophobie et l’anti-générosité dans un même croquis.

Outre le dessin, par l'écrit aussi, Yann Moix s'est particulièrement défoulé. Un exemple parmi d'autres ici, avec ce texte ignoble écrit sous pseudo à patronyme juif (Elie Cradberg) adressé à Anne Sinclair, présentatrice vedette de l'émission "7 sur 7" sur TF1 dans les années quatre-vingt. Nous vous laissons juger.

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On y notera le passage : "(…) tu es une pute et tu le resteras. (…) tous tes invités mâles t’enfourchent haut la bite". La phallocratie pour saupoudrer le tout ! Yann Moix ne s’arrête devant rien pour alimenter ce qu’il présente comme un magazine de l’extrême. Enfin, il s’en prend aux juifs et à Auschwitz. Négationniste assumé, laissant entendre que la Shoah n’a pas eu lieu ("six millions de juifs soit-disant morts"), il dessine un prisonnier de camp de concentration en train de se masturber devant des os de cadavres. Écœurant.

Humour noir ?

L’humour noir, pourquoi pas ? Pierre Desproges a bien déclaré sur son lit de mort : "Plus cancéreux que moi, tumeur". C’était drôle.

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A la lecture des écrits qui se veulent satiriques de Yann Moix, une évidence apparaît : la haine ressort nettement plus que la drôlerie. Et cela nous interpelle même sur son psychisme... Yann Moix lui-même, après la révélation de sa dérangeante publication, n'a lui même pas caché le "dégoût de lui-même qu'il éprouvait à l'époque..."