Ce lundi, Anne-Laure Bonnet était l'invitée de l'émission "C à Vous" sur France Télévision. L'occasion pour elle de commenter la sortie du documentaire choc de Marie Portolano: “Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste”

Le film a pour but de faire la lumière sur ces femmes journalistes dans le milieu sportif qui sont victimes de sexisme. Ce lundi, nous vous parlions déjà de Pierre Menès qui est sous le feu des critiques depuis la diffusion du documentaire.

Anne-Laure Bonnet, journaliste sportive et animatrice française de télévision, est également revenue sur son expérience personnelle. Grâce à quelques témoignages sans filtre. "Un directeur de rédaction a envoyé un texto à un de mes collègues pendant une émission. C'est un peu comme si on envoyait un message à Patrick Cohen (NDLR un journaliste présent à la table) en lui disant qu'il va passer un bon moment face à mon décolleté", commence-t-elle. "Le journaliste en question n'a pas voulu me donner le texto donc j'en ai parlé à la rédaction et on m'a dit que c'était pour rigoler. Au bout d'un moment, vous savez que la personne qui est en charge vous voit comme la "gonzesse" à qui on demande de mettre des décolletés", explique la journaliste de 42 ans.


Autre période marquante pour l'intéressée: son passage à TF1. En 2008, elle intègre la rédaction de la F1. Spécialiste des sports automobiles, elle recevra plusieurs remarques déplacées. "On m'a demandé de maigrir. Sinon on m'enlevait de l'antenne", affirme-t-elle sur le plateau d'Anne Elizabeth Lemoine. "Je parle cinq langues mais ce n'est pas suffisant. Il vaut mieux être un peu plus jolie, un peu plus souriante et plus sympa." Avant ensuite de préciser: "J’en ai parlé à ma direction, mais ça n'a absolument rien changé. J'en ai eu marre donc je suis partie et j'ai pris une autre opportunité. Les journalistes qui ont tenu ce genre de propos à mon égard sont toujours en place aujourd'hui."

Anne-Laure Bonnet en a également profité pour exprimer le courage des journalistes présentes dans le film. "J'ai adoré ce qu'à fait Clémentine Sarlat. Parce qu'elle est partie et elle a parlé. Tout le monde dit que c'est facile de parler quand on est parti mais ça ne l'est pas. De toute façon, elle a sans doute parlé à sa direction comme moi et ça n'a rien changé."

Malgré ses expériences, elle avoue également avoir de l'espoir pour l'avenir. "C'est très souvent l'ancienne génération parce que les plus jeunes journalistes sont habitués à travailler avec des femmes", conclut-elle.