Qui sont les antispécistes, ces militants radicaux, parfois même violents, de la cause animale ? 

Depuis quelques années, ils ont envahi l’espace médiatique. Les antispécistes, ces militants de la cause animale, radicaux, parfois même violents, ont compris comment faire parler d’eux. Vitrines d’abattoirs brisées, McDo saccagés, mises en scène sanglantes sur la voie publique, leurs actions, qu’elles se déroulent à la vue de tous ou dans les coulisses des lieux d’élevage et d’abattage dont ils dénoncent la cruauté des méthodes, donnent toujours lieu à des images filmées chocs largement diffusées sur les réseaux sociaux et destinées à bouleverser la conscience collective afin de faire évoluer les mentalités.

Donner un visage à la viande

Si d’aucuns les traitent d’écoterroristes comme c’est le cas en Suisse où a été tourné le reportage proposé par la Une, force est de constater que le message de ces antispécistes tend à trouver un certain écho au sein de la population européenne et à faire bouger les choses. D’abord parce qu’à travers leurs opérations coup de poing spectaculaires, ils ont révélé des infractions souvent graves dans le traitement des animaux. Ensuite, parce que la science vient appuyer leur discours lorsqu’elle démontre que l’animal a une conscience, qu’il ressent des émotions, qu’il s’agisse d’un chien de compagnie ou d’un cochon destiné à finir dans nos assiettes.

Que l’on soit d’accord avec leurs méthodes et avec leur propos ou pas, les antispécistes ont d’ores et déjà gagné une bataille et non des moindres : celle d’imposer la question animale jusque dans la sphère politique, d’obliger chacun de nous à réfléchir sur la souffrance qu’endurent les animaux pour le seul profit de l’homme. En donnant un visage à la viande, ils obligent à une réflexion d’ordre moral et celle-ci est des plus complexes : la vie d’une vache, d’une poule ou d’une oie vaut-elle autant que celle d’un être humain ? Le seul énoncé du problème suffit à déclencher les débats les plus houleux depuis la table du repas de famille jusqu’à la tribune des parlements.