Après 20 ans d’étroite collaboration, c’en est donc fini du tandem Catherine Barma-Laurent Ruquier qui a fait les beaux jours de France 2 pendant des années. Les deux “meilleurs amis” se sont tourné le dos avec, à la clé, durant l’été, des échanges d’amabilités pas aimables pour un sou. Depuis que l’animateur d’On n’est pas couché avait annoncé renoncer à son talk-show qu’ils produisaient ensemble, la productrice ne cachait pas son mécontentement, pour ne pas dire son dégoût ou sa haine. Jusqu’à tirer à boulets rouges sur son ex-protégé, le sommant de payer les licenciements au sein de sa société de production entraînés par la fin de l’émission et le menacer de poursuites si le nouveau programme que l’animateur présente ce samedi, toujours sur France 2, devait trop ressembler à celui qu’ils avaient imaginé.

Réputée flambeuse, Catherine Barma a très mal digéré le coup de Jarnac d’un Ruquier désireux de voguer vers d’autres horizons en d’autres compagnies, voyant par là filer sous ses yeux les 190 000 euros facturés par soirée diffusée. Voilà comment se sont achevées deux décennies que le PAF n’est pas près d’oublier, avec les succès d’On n’est pas couché (14 saisons), mais aussi d’On a tout essayé (7 ans) ou encore d’On ne demande qu’à en rire (4 ans).

Ça reste, ça part

La question à présent posée est de savoir à quoi va ressembler On est en direct ? Premier constat : le nouveau talk de Ruquier reste programmé en deuxième partie de soirée. Et l’animateur a conservé le concept des “On…”, sorte de marque déposée avec laquelle il a frappé toutes ses émissions précédentes. Un ultime pied de nez adressé à son ex-productrice ? Restent aussi les invités culturels, les humoristes (une place de choix leur serait réservée alors qu’ils avaient été progressivement mis de côté dans On n’est pas couché) et les débats sur les questions d’actualité avec des intervenants non récurrents tels qu’inaugurés sur la fin du talk précédent.

En revanche, aux oubliettes les choniqueurs-snippers qui ont fait le succès du défunt rendez-vous et nombre des polémiques qui l’ont mis en avant. Désormais, c’est Laurent Ruquier qui posera les questions. Il l’a expliqué dans Télé-Loisirs, il faudra compter sur son côté “poil à gratter”, lui qui n’est pas aussi “lisse et bienveillant” comme d’aucuns voudraient le croire. Surtout pas en direct, affirme-t-il. Et c’est là l’autre nouveauté importante de l’émission : elle n’est plus enregistrée comme c’était le cas auparavant. “Du temps d’On n’est pas couché, j’ai suffisamment souffert du décalage entre l’enregistrement et la diffusion de l’émission. En direct, tout sera différent, en termes de liberté de parole et de réaction à l’actualité. L’émission cultivera son côté inattendu”, a-t-il promis. Une autre nouveauté notable concerne le plateau. Les pupitres précédemment de mise sont remplacés par plusieurs décors annoncés plus cosy : un bar, un piano, de petites tables. C’est à contre-courant de ce qui se fait ailleurs puisque la mode est aux grandes tablées.

Tout cela suffira-t-il pour redonner du peps aux deuxièmes parties de soirée de France 2 dont les audiences avaient tendance à piquer du nez ? Laurent Ruquier en fait le pari. Quant à Catherine Barma, gageons qu’elle sera la plus attentive des téléspectatrices pour dégainer s’il le faut une procédure pour copier/coller trop manifeste. Rendez-vous sur le coup d’1 h 30, dans la nuit de samedi à dimanche, pour le savoir.