Il n’a pas encore vu le film et est bien curieux de savoir ce que ça donne à l’écran. Ce qui est sûr, c’est que Charlie Dupont s’est bien amusé sur le tournage du Voyageur, dans cette version où Eric Cantona a cédé le lead à Bruno Debrandt. “Je sais juste qu’on a reçu un prix à Cognac pour la série”, dit-il. “Bruno Debrandt hérite du van et du chien, je trouvais ça assez joli…

Et vous, vous êtes arrivé comment sur ce tournage?

“Il se fait que le réalisateur n’est autre que Philippe Dajoux, qui est le gars avec qui j’avais fait certaines choses, dont la production du seul long métrage que j’ai jamais produit de ma mince carrière, qui s’appelait "Deux au carré". C’est un garçon que j’ai rencontré il y a une quinzaine d’années, avec beaucoup de joie parce que c’est un merveilleux réalisateur, il a un “mojo” que j’aime beaucoup qui est “on se régale”, dit avec son accent de Marseille. Il fait partie de ces réalisateurs qui n’ont pas oublié que notre métier ça s’appelle “jouer” et que le plateau, ça doit s’entretenir en plaisirs. Il est très doué pour ça.”

Il avait déjà réalisé d'autres épisodes du "Voyageur"?

“Non, il était plus ou moins à l’origine de l’idée avec Cantona, à l’époque. Et puis, pour je ne sais quelle raison, il n’avait pas pu réaliser les premiers donc c’était un juste retour des choses qu’on lui confie la suite. Donc, Philippe, quand il m’appelle, je lui dis “Je viens” et puis c’est tout.”

Vous regardez un peu ce que vous avez à défendre, quand même, ou pas?

“Si ! J’ai vu qu’il y avait une espèce de Looping de l’Agence tout risque à créer. Sur le papier, un ancien flic sorti d’hôpital psychiatrique, qui a gardé son instinct même s’il n’a pas gardé tout son cerveau, ça donne envie. Il y a moyen de rigoler.”

Vous vous connaissiez, avec Bruno Debrandt?

“Je pense que ça lui faisait plaisir de se remettre debout, après "Caïn". C’est une très chouette rencontre avec Bruno. Je ne le connaissais pas vraiment. Un peu, parce que j’ai partagé l’affiche d’un film qui s’appelait Bruxelles-USA, avec son amoureuse, Marie Cremer. C’est un très bon camarade, on s’est retrouvé dans l’improbable ville de Charleville-Mézières, il y a tout juste un an. Dans le froid et la brume de Rimbaud. Mais la campagne est belle et comme on est tous les deux amateurs de ça, se retrouver dans la campagne, autour d’un brasero, même s’il fait 4 degrés, on aimait bien ça.”

Ça n'a pas dû être le tournage le plus funky de l'histoire...

“Non, tout ce qui est glam était relativement exclu, je dois bien le dire ! (rires) Je me souviens d’avoir partagé des flaques avec des poules d’eau… La scène de découverte du corps, c’était sous la pluie dans la forêt, par 5 degrés. C’était autre chose qu’une classe de Rousseau !”

C'est ce que vous êtes en train de tourner pour l'instant?

“Oui. On tourne depuis mi-août. C’est une grosse machine, puisqu’à nouveau six fois 52 minutes. Le lycée est toujours à Savigny-sur-Orge, riante bourgade du sud de Paris, où il n’y a rien à faire d’autre qu’étudier Nietzsche. La maison d’Anny Duperey, c’est à la Garenne Colombes. Bref, autour de Paris.”

Vous n'avez donc pas pris de vacances?

“Peu. Mais c’est aussi parce que je fais une pièce de théâtre, avec ces braves gens de la Comédie Française. Tout le mois de septembre, on était à la Scala de Paris, ce qui veut dire qu’on n’a pas pu tourner à ce moment-là, ce qui nous amène jusqu’à maintenant.”

Il vous tardait de refaire de la scène, après la télé?

“J’aime toujours faire du théâtre. Goldoni, c’est une trilogie. Trois fois une heure et demie de spectacle, avec la délicieuse Tania Garbarski (son épouse, NdlR), qui est là-dedans aussi. C’est toujours chouette d’avoir ça pour se retrouver. Et puis, travailler avec un grand maître du théâtre – Muriel Mayette, c’est la Karajan du théâtre –, j’adore. Je suis un curieux : j’aime arriver avec mon accordéon au London Philarmonic Orchestra ! Je n’avais jamais fait de classique et là, j’ai l’impression d’avoir fait le Conservatoire de Paris en accéléré.”