Cyril Hanouna en prend aussi pour son grade aux Gérard de la télévision.

Plus de mauvaise foi que les Gérard de la télévision, cela n’existe pas. 

Les prix, concoctés sur mesure pour les animateurs dont la tête enfle autant que leur audimat ou leur compte en banque (les deux ne vont pas forcément de pair), sont juste destinés à remettre globalement le petit écran à sa juste place, c’est-à-dire une boîte à images plus axée sur le divertissement que sur l’apport culturel.

Et qu’importe si les trophées n’atterrissent pas nécessairement dans les mains des plus méritants, "les meilleurs du pire de la télé". Les résultats suscitent au mieux le débat, puis s’oublient aussitôt. Seuls les intitulés, drôles et bien tournés, ont de l’intérêt dans ce règlement de comptes très parisien. La preuve…

Gérard du chroniqueur qui doit quand même beaucoup fréquenter les donjons SM avec une boule rouge dans la bouche pour être aussi soumis à son animateur : Gilles Verdez dans Touche pas à mon poste ! (D8).

Gérard du concept d’émission sur lequel toute la direction des programmes a brainstormé pendant six mois, avant de se rabattre sur l’idée du stagiaire : ça serait un genre de Top Chef si tu veux, mais avec un barbeuc ! Les rois du barbecue (D8).

Gérard de l’animateur qui est allé chez le coiffeur avant de prendre l’antenne, sauf que c’était fermé : Natacha Polony.

Gérard de l’animateur qui avant niquait ta mère, et qui maintenant nique plutôt ta grand-mère : Joey Starr.

Gérard de l’émission de la mi-journée qui a tellement de couleurs sur son plateau qu’en la regardant on se sent obligé de vérifier dans notre verre d’eau si y’a pas des traces de LSD ou de MDMA : Les Z’amours (France 2).

Gérard du mais laissez-moi tranquille merde en plus cette année j’ai pas fait de télé : Benjamin Castaldi et Daniela Lumbroso.

Gérard du migrant qui a visiblement mal choisi son passeur et Gérard de l’animateur dont le licenciement nous avait un peu touchés jusqu’à ce qu’on apprenne son salaire, son bonus, ses indemnités et son hold-up aux prud’hommes : Claire Chazal, de TF1 vers France 5.

Gérard de l’accident industriel, et de l’émission à laquelle on ne va tout de même pas décerner un Gérard, elle est déjà au fond et ce ne serait pas très élégant : Le grand journal (Canal +).

Comme d’habitude, Cyril Hanouna, incarnation pourtant de l’esprit potache à la télé, se voit particulièrement distinguer. Il décroche de nouveau le Gérard de l’animateur qui ne se drogue pas, opposé à Samuel Etienne (France 3), qui obtient le Gérard de l’animateur qui ne se drogue pas, mais sérieusement, lui.

C’est cruel mais drôle.