Selon les représentants des journalistes, l'animateur aurait envoyé un SMS à la rédaction en chef du Parisien pour qu'elle retire un article à son sujet qui devait paraître dimanche.

Intitulé "L'arrivée de Cyril Hanouna dans les locaux de C8 inquiète", l'article en question a été publié samedi sur le site du Parisien -il est d'ailleurs toujours en ligne-. Il aurait dû être également publié dans l'édition dominicale du quotidien, mais a finalement été retiré. Selon les représentants des journalistes, l'animateur de TPMP aurait fait jouer ses contacts pour empêcher la publication du papier, en contactant la rédactrice en chef adjointe. 

"Dans son message, Cyril Hanouna menace de ne plus 'rien faire avec Le Parisien' et de 'prévenir la famille propriétaire du canard (ndlr: la famille de Bernard Arnault, patron de LVMH) qui a toujours été cool avec lui", relèvent les syndicats dans un communiqué publié ce lundi soir.

La Société des Journalistes dénoncent, dans un autre communiqué interne, "avec la plus grande fermeté ce qui s'apparente à une atteinte inacceptable à notre indépendance éditoriale."


"Hanouna est gonflé d'arrogance"

Pourquoi un tel mécontentement? Dans l'article qui fait débat, Le Parisien a récolté les témoignages de salariés de C8 qui craignent le déménagement de la bande à Hanouna dans les locaux de la chaîne. "Plus ça va et plus Hanouna est gonflé d’arrogance. Le public voit son côté sympathique, mais en coulisses, il est autoritaire et cinglant. Le succès lui est monté à la tête et nous, ça va nous retomber dessus", raconte une salarié anonyme. Mais comme le précise Libération, le journaliste Michaël Zoltobroda a aussi donné la parole à plusieurs personnes qui défendent l'animateur, dont le patron de Canal + Gérald-Brice Viset, respectant "le principe du contradictoire". Cela n'a pas empêché Hanouna de réagir sur Twitter (voir ci-dessus).

Interrogée par Libération, la rédactrice en chef adjointe du Parisien Maguelone Bonnaud se défend d'avoir censuré l'article. "C’est un choix d’ordre professionnel et non de la censure", répond-elle, expliquant que le papier n'avait pas sa place dans le journal. "Je suis contre le fait de se payer Hanouna gratuitement", tout en reconnaissant que l'animateur l'a bien contactée. "Des articles non complaisants à son égard, quand ils étaient étayés, on en a publié plein."