Après plus de quarante ans de service, André Torrent tire sa révérence et quitte RTL.

RTL perd une grande voix. Après quarante-quatre ans de collaboration, André Torrent, de son vrai nom André Tollebeeck, met fin à une carrière d’animateur bien remplie. Il avait notamment animé La discothèque de papa sur RTL à la fin des années 60, Chansons à la carte (lors de son bref passage sur RTB) ou encore le Hit-Parade à partir de 1972 sur RTL. "Je n’ai pas envie de dire que je souffrais d’une surexploitation médiatique ou que c’était très dur pour moi de me lever très tôt tous les matins. Non !, s’exclame André Torrent. On parlait de mon départ depuis plus de trois ans avec Christopher Baldelli, le président de RTL France. Je lui avais dit que je ne voulais pas baisser les bras avant 70 ans parce que mon père a pris sa retraite à ce moment-là et j’ai trouvé que c’était une belle distance professionnelle. Petit à petit, on s’est rapproché de cette date fatidique et Christoper Baldelli a décidé que je ne serais pas à l’antenne à la saison prochaine, simplement parce que je n’arrivais pas à prendre cette décision moi-même. Il n’y a pas du tout eu de problème entre RTL et moi. Il faut simplement qu’il y ait des premières et des dernières. Il y a un moment où il faut savoir arrêter mais moi je suis incapable de m’arrêter seul. Donc, heureusement qu’il ait pris cette décision parce que si on m’avait laissé la prendre, je serais mort à l’antenne !" (Rires.)

Vous rappelez-vous votre toute première fois à la radio ?

"Bien sûr, comment oublier ! Je faisais un essai en direct avec Arlette Vincent pour les studios de RTL à Bruxelles. Ça ne s’est malheureusement pas passé comme prévu car il y a eu la catastrophe de Martelange. Europe 1 pensait que j’étais parti en Belgique pour couvrir l’événement alors que pas du tout ! Du coup, j’ai été viré de la radio. Je me suis alors dit que je ne serais probablement plus journaliste à la radio et que je devais m’accrocher à ce rôle d’animateur, que je préférais finalement."

Vous vous êtes imposé en tant qu’animateur d’émissions musicales. Un rôle qui vous a toujours plu ?

"Bien sûr. Il faut dire que c’était une des époques les plus glorieuses de la chanson française. J’ai vu le début de carrière de Patrick Bruel, de Francis Cabrel ou encore de Jean-Jacques Goldman, artistes encore présents aujourd’hui. J’ai vu l’évolution de Céline Dion qui, au départ, avait un physique impossible et qui, avec le temps, s’est totalement transformée ! Cela prouve qu’il ne faut jamais baisser les bras."

Que pensez-vous de votre parcours en regardant dans votre rétroviseur ?

"Je pense que j’aurais pu mieux faire. J’aurais peut-être dû avoir un peu plus de courage pour écrire un livre que je n’ai jamais écrit. Maintenant, j’aurai peut-être le temps… J’aimerais raconter l’histoire de la radio à travers le temps. Elle évolue et elle est partout ! Donc, je dirais à suivre…"

À part ça, avez-vous d’autres projets en tête ?

"Il ne faut pas insulter l’avenir, donc je ne sais pas ce que je ferai la saison prochaine… Je resterai peut-être chez moi, je ne sais pas… C’est la première fois depuis plus de quarante ans que j’ai cette liberté. Mon but ultime dans la vie aura été de laisser un bon souvenir, et je pense que j’y suis arrivé !"