“Si j’ai fait ce film, c’est parce que je me suis rendu compte que pas mal de personnes, il y a dix ans, n’auraient jamais avoué avoir regardé des productions AB, alors qu’aujourd’hui, ils en parlent très ouvertement avec une certaine nostalgie et sans rejet, confiait, à Télépro, le réalisateur Olivier Monssens dont le but était de retracer l’épopée du Club Dorothée et le côté entrepreneurial d’AB. On savait que c’était du carton-pâte et des rires enregistrés. On a passé l’âge de renier le passé, on l’assume. C’était ce que c’était, mais c’était notre jeunesse, et ça ne nous a pas rendus plus bêtes… Je crois que les adultes d’aujourd’hui qui ont fait partie de la génération “Dorothée” vont être heureux de s’y replonger.

En effet, ce succès extraordinaire des années 90 est l’œuvre de deux hommes, Jean-Luc Azoulay et Claude Berda, bâtisseurs d’un empire télévisuel nommé AB productions. A pour Azoulay et B pour Berda. Le premier savait créer en permanence, le second savait vendre et acheter. Pour preuve, plus de 30 ans de succès avec Hélène et les Garçons, Salut les Musclés, Premiers baisers, Le Miracle de l’Amour, Le Miel et les Abeilles, Les Filles d’à côté et on en passe. La plupart des protagonistes de cette histoire poursuivent même la saga dans Les Mystères de l’amour diffusés encore chaque semaine sur TMC.

En route vers une série sans  Hélène… mais avec les garçons

“Je suis sur le projet d’une série autour des garçons”, nous confiait récemment Patrick Puydebat, alias Nicolas. “Mais il ne s’agit pas d’un spin-off. Car les personnages ne seront pas les mêmes. On a, par contre, tous, l’objectif de garder nos prénoms : Serge, Sébastien, Tom, Philippe et Patrick. Comme on est une bande de potes dans la vie, je trouvais ça assez crédible qu’on les retrouve avec leurs vrais prénoms. On est tellement connus sous nos noms de Peter, Cricri, Jimmy, José ou Nicolas… que, à part mettre nos vrais prénoms, je me voyais mal nous faire appeler Jean-Michel ou Bernard (sourire).”

Si la série est pour l’instant au point mort, l’acteur ne baisse pas les bras. “Les chaînes sont à l’agonie… il est donc déjà très compliqué de financer un nouveau programme. Et dans le contexte actuel c’est l’enfer. Je pense qu’il va falloir bientôt attaquer les plateformes comme Netflix, Amazon ou Apple TV +, qui, elles, ne manquent pas de moyens.” Quant à l’étiquette de l’éternel Nicolas, Patrick n’en a cure. Au contraire. “Ça ne m’ennuie pas car c’est grâce à ce personnage que j’ai une vie facile et délicieuse, conclut celui qui a aussi tourné dans plusieurs téléfilms ou séries (Commissaire Magellan, Camping Paradis, etc.). Être catalogué, c’est malheureusement très franco-français, mais le temps a fait son travail et ce n’est plus du tout un handicap aujourd’hui.”